A SA MUSE
JEUNE Eraton Savoisienne, Qui la manne Hippocrenienne Commences seulement goûter, Pour un jour te faire écouter, Petite, mais doucette Muse, De qui l'amour si bien m'amuse Qu'avec un luth mélodieux J'aime mieux ensuivre les Dieux Forestiers, et Faunes rustiques.
Et les Navondes aquatiques, Au frais des bocages plus beaux. Et aux tors rivages des eaux, Mignon du Prince de Pathare, Que la voix du palais avare, N' ai ant jamais l'art dédaigné Que L\s neuf Seurs m'ont enseigné.
0 de ma gloire la défense.
Mon support, ma seule espérance, Inspire-moi des noveaux vers, Animés parmi l'univers;
ODE m 105
Et me large contre l'envie Des traits aigus en calamnie, Que, tousjours mon renom cherchant.
Iniquement va décochant Ce lourd et profane vulgaire, A qui onq' vertu ne sceut plaire.
Grossier, courbant son esprit loin Du Ciel, qui de nous a pris soiag; • Donne que d'un fredon lyrique Je sonne le carme Sapphique Par la France, affin que premitr Gagnant le Lesbien laurier.
Et maugré l'envie dontce.
Par une gloire méritée Tu cernes d'un tour triumphant Le tendre front de ton enfant.