RETOUR DE BOLOGNE
DE la mer où fut Bellone farouche, Où Tytan tumbé tout rouge se couche, Henri, le vangeur de r Anglaise outrance, Revient en France,
Ramenant brave son fort exercite, Non jamais veincu dessous sa conduite, Ja du beau laurier, qui par mort s'achette. Cernant sa teste.
De son absence Paris tant malade, Le sentant venir, de bien loin l'œillade. Et lui appreste le triumphe, gloire De sa victoire.
Par les saints temples les roules pendantes Desja s'allument de lampes ardentes; Les prestres, qui ja les encensoirs ventent. Haut aux Dieux chantent.
Ja desja l'on voit de loin aux campagnes Flamber les armes, blanchir les ensegnes. Et d'un trot brave la chevallerie De Mars chérie.
Ja desja l'on voit hérisser les plaines De porte-lances, et de capitaines.
Ainsi bouillantes comme en la marine L'eau qui chemine.
Là haut, encresté, le duc de Vandaume Ardent se montre tuteur du roiaume,
Plus armé de cueur et de forces fermes Que de ses armes.
Là Guise, Aumale, noirs d'honneste poudre. Se montrent ardans ainsi qu'une foudre, Ai ans fait estre V Anglaise vaillance Boule à leur lance.
Là Mommorenci, Nestor de la France, Qui au front porte la sage prudence, Nerve de vertu sa force ancienne Ulyssienne.
Le jeune Nemours, que la gloire anime, Comme de Savoie race magnanime, Faisant revivre bs superbes septres De ses ancestres.
Mignon de vertu qu'il aime et caresse, Promet un grand fruit en fleur de jeunesse, Craquant des armes, tout léger galoppe Parmi la troppe.
Par tout retreluit la flotte argentine, Du roial tige céleste origine, Avec les armes, lances et épées Ensanglantées.