‹ Œuvres poétiques; précédees d'une notice sur l'auteur et accompagnées de notes par le bibliophile JacobChapitre 76 sur 94 · D'AMOUR ET D'AMALTHÉE · texte numérisé non relu

D'AMOUR ET D'AMALTHÉE

PETIT Dieu, Qui en tout lieu As jet maîtresse ta main.

Las! et puis Que tien je suis, Que ne m'es-tu plus humain?

ODE VIll l'7

Le Uns tout Chasse à son bout, Et rien ne peut séjourner; Un jour fuit j L'autre le suit, Tout s'en va sans retourner.

Les flambeaux Du ciel, plus beaux, Sur nous versent leur pouvoir :

Car ils font, Selon qu'ils vont.

Tout à la fin se mouvoir.

Mais douleur, Ni ma couleur.

Ni ma trop ferme amitié.

Ni la foi, Trop vive en moi. Ne treuvent mort ni pitié.

Ah! beauté.

Qui m'as enté Ton front au cueur, et tes yeux.

Dont l'attrait Tiendroit sujet Mesme le plus grand des Dieux,

I l8 LIVRE SECON D

Ton beau teint, Ton marbre peint, Les Déesses ont en soi :

Tels biens ont.

Et si ne sont Cruelles ansl que toi.

Pour Aiion, De Cupidon, Venus, les traits tu sentis ; Phebe eut bien Le Latmien, Et Cybele son Atys.

Me perdant,

D'un feu ardant,

Amalîhé', tu me nourris.

Pour l'émoi

Que j'ai par loi.

Ne me donnant que tes ris.

A quoi, las!

Hâtant mes pas, Veux-tu m'abbatre à l'envers, Qui chanté Ai ta beauté, ' Portée au ciel par mes vers?

Sus leur mord, Les Muses m'ont L'un de leurs chers fils nommé :

Hé! que vaut Un bien si haut, Si de toi ne suis aimé?

De ma mort Jurée à tort Quel lo s peux-tu rapporter?

Assés d'heur As de l'honneur, Que seule m'as peu donter.

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