‹ Œuvres poétiques; précédees d'une notice sur l'auteur et accompagnées de notes par le bibliophile JacobChapitre 82 sur 94 · AU SEIGNEUR · texte numérisé non relu

AU SEIGNEUR

JEAN TRUGHON

Premier président de Grenoble ODE XVII

QUEL Dieu, ma Muse, quel prince ou heroe, Quel roi, ma Clion, vcus-tu que je loiic, Dont le nom la voix dans les bois hardie Die et redief

ODE XVll 153

Ou par l'épessciir d'Helicon omhreuîe, Ou dessus Pinde, ou dessus Li frilleuse Roche Hemienne, jadis rechaufée Du chant d'Orphée,

Aux doux arts docte de sa mère sage, Prenant les fleuves, ou des vens la rage, Lorsqu'il oreilloit les forests suivantes, En vain marchantes.^

Veux-tu rechanter des fiers Grecs les flambes.^ Ou les déréglés et gais dithyrambes i' Ou de Briare les cent bras molestes Aux fors célestes?

Ou, d'un vers tout neuf sucré de ta manne, La prise de Mets, ou Sienne Tuscane, Sacrant de Henri l'immortelle gloire A la mémoire!'

De ce ma lyre pas un mot ne sonne, Mars sur tes cordes assés ne s'entonne ; Les soucis jeunes, les amours qui croissent, Mieux te connoissent.

Sus donques, mes dois, que l'on se remue; 0 Pimpléennes, venés, qu'on salue

zo

154 LIVRESECOND

Mon Truchon (voire des sa tendre enfance^ (lui vient de France ;

Qui vient) et, venant, avec soi rameine Veqnité, les loix et la foi certaine.

Q ae ce jour me soit pour si chère leste A jamais f este.

Lyre trop basse, retor tes oreilles; Qu'on sonne et sonne, qu'on face merveilles! Chacune corde, sans qu'elle se rompe.

Soit une trompe.

Tai-toi donq\ Amour, et vous aussi, armes ! Je sonne Truchon, patron de mes carmes, Et qui aux Muses sur tous m'encourage En ce jeune âge.

0 Tytan trop lent es eaux azurées Si tu honnores tes roiies dorées D'un jour qui face que je chante un hymne De ses mains dinne.

Dans un dur antre, ou dessus la molle herbe, Réveillant les jeux honnores de Lesbe, Quels nerfs, quels f redons, quelle ode plus douce, Vaincra mon pouce?

Page 1