‹ Œuvres poétiques; précédees d'une notice sur l'auteur et accompagnées de notes par le bibliophile JacobChapitre 83 sur 94 · O D E X V 1 II · texte numérisé non relu

O D E X V 1 II

AUX DAMOISELLES SAVOISIENNES

LE Dieu de doctrine et science.

Qui m'aime dés ma tendre enfance, Or' m'offrant d'un juste hier Ce qui fet mon front verdoier.

M'a donné cent plumes nouvelles, (lui les beautés des damoiselles En tout rapportent vivement; Et vous ose faire un serment.

Que les vôtres, du ciel venues.

Ne cherront sous terre inconnues.

Et par moi la postérité Saura quelles avés été.

La beauté de la brave reine De Carihage, voire d'Heleine {L'une éteinte pour son amant, Vautre la grand' Troie enflammant^, Là bas eut reconnu sa gloire Sans la Muse, par la mémoire.

Qui, bien loin de l'oblieuse eau.

Lui courut fermer le tombeau.

Damohclles, si sages estes, Favorisés-moi les poètes ; Leur docte plume gardera.

Que le tens ne vous changera :

Car ce vieil faucheur n\i puissance Où les Neuf Seurs font résistance.

Pétrarque sa soif éteignit, Lorsqu'un doux feu le contreignit Humer la sainte eau chevalline.

Chantant celle Laure divine.

Sa douce angoisse et gai ennui ; Mais, si Amour m'ajoint à lui, Sous les hauts lauriers du Parnasse, De Marcossei l'ambiante grâce, La Buron à l'œil ravisseur, Et les gais attraits de sa seur, La Grave, Maillant, Chatel, voire Avecques sa bonté Ravoire, Quand mes Muses les hacheront, Pour vivre à jamais, sortiront Tout à coup de ma chaude forge, Et le bel œil noir de La Gorge, Qiii lance aux cueurs l'amour ardanî.

En cette carte ce pendant, Muse, mon cher souci, bigarre Les propos dorés de La Barre,

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Et son haut esprlt,'^que les deux Ont comblé des thesors des Dieux.

Fi d'une beauté nompareille Fardée de vaine merveille, Si le beau corps n'est revêtu, Comme de beauté, de vertu.

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