ÉROS
« D'un dieu plus fort que moi, c'est l'inflexible arrêt, Ne gâtons pas du moins notre bonheur secret ; Meure sous les baisers ta folle inquiétude 1 A ton front délicat ma lèvre est-elle rude ? Comprends-tu plus d'amour dans la voix d'un époux, Plus de jeunesse ardente et des baisers plus doux ? Reste ainsi! Quand tes yeux auraient vu mon visage, Mon cœur ne pourrait pas te donner davantage. »
« Lorsqu'en serrant ta main, j'entends ta voix de près, Que je sens de ton cœur les battements secrets, Mon âme oublie encore, ivre de ton empire, Cette ardeur de te voir, puisqu'elle te respire. Mais quand seule je marche à travers la clarté Qui sur le moindre oiseau verse tant de beauté ; Quand je rêve à ces nuits, à nos baisers de flamme, Sans avoir une image à parer dans mon âme ; Lorsque je vois la terre et le ciel radieux : Alors tout désir cède au désir de mes yeux. »