‹ Œuvres poétiques (volume 2)Chapitre 81 sur 103 · II A R M O D I U S · texte numérisé non relu

II A R M O D I U S

Va! que le coup tenté soit heureux ou néfaste, Ton nom restera pur comme ton âme est chaste, Ismène! Et l'on saura que j'avais dans le cœur Un autre amour encor que l'amour Je ma sœur; Qu'en punissant de mort des paroles hautaines, J'étais moins ton vengeur que le vengeur d'Athènes; Que je revendiquais les droits de ma cité, Et qu'enfin, si je meurs, c'est pour la liberté.

ARISTOGITOX.

Ami, je m'associe à ta double vengeance, Avec tous tes amours je suis d'intelligence, Et je mourrais heureux de servir à la fois La sœur d'Harmodius, la patrie et les lois.

Ah ! maudits soient mes pleurs et ma lâche colère !

L'injure semblait faite à ma race, à mon père...

Mais j'aurais honte, ici, quand le sang peut couler,

Si je ne sentais pas tout dépit s'envoler.

Par la sainte pitié, par l'amour qui nous lie,

Oubliez cette offense, ainsi que je l'oublie.

Si cet homme est cruel, s'il règne injustement,

Laissons à Xémésis le soin du châtiment,

Frère! et n'aiguise pas ton courroux et tes armes

Pour un ennui qui vaut à peine quelques larmes.

ÎIARMODIUS.

Aux hommes seuls, ma sœur, il doit appartenir

De juger d'un affront, d'absoudre ou de punir. Le devoir d'une femme astreinte à la décence Est, sur ces questions, de garder le silence. Viens, la maison t'attend : c'est ton domaine, à toi ; De nombreux serviteurs y bénissent ta loi. Je te suis jusqu'au seuil du temple domestique; On te vit trop longtemps sur la place publique : Une vierge en doit fuir les regards curieux, Et ne s'y peut montrer qu'au cortège des dieux.

Harmodiui, hmhie et la nourrice scr'.cnl.

SCÈPÇF. VU.

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