‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 111 sur 113 · AUX AMITIÉS · texte numérisé non relu

AUX AMITIÉS

Grâce à vous, amis, j'ai goiiti Tout ce qui fait chérir la vie, Et Dieu m'a largement doté Des biens du cœur, ma seule envie.

Jeune ou vieux, en toute saison.

J'ai cherché, j'ai trouvé sans cesse Ma force dans votre raison Et dans votre amour ma richesse.

Un mot de vous, simple et fervent.

Suffit à mes désirs de gloire; Quand vous me dites : « En avant! »

Je crois tenir une victoire.

Vous avez été mon flambeau Et ma conscience elle-même; Vous aimez le bien et le beau, Amis, c'est pourquoi je vous aime.

Dieu vous plaça sur mon chemin :

Il veut qu'un plus fort me soutienne.

Jl8 LIVRE DES ADIEUX.

Je ne lâcherai votre main

Que pour me jeter dans la sienne.

Je sais qu'à ce dernier moment, Fidèles comme l'espi-rance, Vous m'exhorterez vaillamment Au nom du Christ et de la France;

Et mes jeunes morts tant pleures Beaux, souriants, d'un gesie calme, Le long des célestes degrés.

Me montreront leur douce palme.

Mon cœur confirmé dans sa foi Ne trouva que des cœurs fidèles; Tous mes amis, meilleurs que moi.

M'ont porté plus haut sur leurs ailes;

De l'heure où je rasais le sol Tout près de mon nid, dans les seigles Jusqu'à celle où j'ai pris mon vol Et rêvé d'atteindre les aigles.

Si j'ai franchi l'ombre des bois Sans m'y perdre à travers le doute, Si j'ai monté... je vous le dois, Mes braves compagnons de route.

Hélas ! que Dieu m'en a repris De ces forts au parler de flamme, De ces purs, de ces doux esprits Qui m'aidaient à dresser mon âme!

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