‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 17 sur 113 · CHANSON DU CHEVALIER · texte numérisé non relu

CHANSON DU CHEVALIER

J'ai tenu sa main dans la mienne.

J'ai tenu sa main sur mon cœur; Croyez-vous qu'elle s'en souvienne?

Était-ce hasard ou faveur?

Je ne sais! Mais j'ai la folie De m'en faire un gage d'espoir...

Qu'elle m'aime ou qu'elle m'oublie, J'ai tenu sa main tout un soir.

Quand je l'ai doucement pressée, La blanche main n'a pas frémi; Pourtant elle me l'a laissée... Faut-il croire qu'elle a dormi?

Si ce fut malice ou mensonge, L'avenir me le fera voir.

Mais non, ce n'était point un songe.

J'ai tenu sa main tout un soir.

rtO LF.sVOIX DU SILENCE.

J'ai senti sur cette main fraîciie S'étendre une molle tiédeur; Du velours ambré de la pêche Ma main garde la fine odeur.

Quelle ironie, ou quelle ivresse, Perçait dans ce doux nonchaloir?

Je l'ai pris pour une caresse...

J'ai tenu sa main tout un soir.

Voudra-t-elle, un jour, me la rendre, En me disant : C'est pour jamais !

Est-ce humeur légère, ou cœur tendre?

A-t-elle vu que je l'aimais?

Son front est pur, son âme est belle : Non, je n'ai pu me décevoir!

Mais, dussé-je en mourir loin d'elle.

J'ai tenu sa main tout un soir.

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