‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 18 sur 113 · CHANSON DES LUTINS · texte numérisé non relu

CHANSON DES LUTINS

Faveur rare et qui t'émerveille!

Toucher sa main du bout des doigts.

En se disant qu'elle sommeille.

Un mendiant au coin du bois Obtient félicité pareille :

Toucher sa main du bout des doigts!

Heureux amant trop téméraire!

Du merle entends-tu le sifflet?

Sous l'ombrage, oh ! que viens-tu faire?

C'est pour y dire un chapelet.

LA TOUR DiVOIRE.

Que la pelouse est solitaire...

Du merle entends-tu le sifflet?

La douce brise est éveillée :

C'est pour répondre à l'oraison.

La rose est de neuf habillée ; Le cerf brame sur le gazon; L'oiseau chante sous la feuillée :

C'est pour répondre à l'oraison.

Oh ! perle de galanterie !

Chevalier, tu sais ton devoir :

Quand l'occasion est fleurie, La mousse épaisse et le bois noir, Attends que la dame t'en prie...

Chevalier, tu sais ton devoir.

Elle en rit; peut-être elle en pleure Mais le démon n'y perdra rien.

La belle aura chance meilleure, Un ami moins aérien.

Tu n'as pas profité de l'heure ; Mais le démon n'y perdra rien.

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