CHANSON DES LUTINS
Faveur rare et qui t'émerveille!
Toucher sa main du bout des doigts.
En se disant qu'elle sommeille.
Un mendiant au coin du bois Obtient félicité pareille :
Toucher sa main du bout des doigts!
Heureux amant trop téméraire!
Du merle entends-tu le sifflet?
Sous l'ombrage, oh ! que viens-tu faire?
C'est pour y dire un chapelet.
LA TOUR DiVOIRE.
Que la pelouse est solitaire...
Du merle entends-tu le sifflet?
La douce brise est éveillée :
C'est pour répondre à l'oraison.
La rose est de neuf habillée ; Le cerf brame sur le gazon; L'oiseau chante sous la feuillée :
C'est pour répondre à l'oraison.
Oh ! perle de galanterie !
Chevalier, tu sais ton devoir :
Quand l'occasion est fleurie, La mousse épaisse et le bois noir, Attends que la dame t'en prie...
Chevalier, tu sais ton devoir.
Elle en rit; peut-être elle en pleure Mais le démon n'y perdra rien.
La belle aura chance meilleure, Un ami moins aérien.
Tu n'as pas profité de l'heure ; Mais le démon n'y perdra rien.