LE BAPTEME DE LA CLOCHE
Va donc, fille du feu, sur les tombeaux assise ! Donne à chacun sa place en tes hymnes fervents; Chante pour ceux à qui la lumière est promise; Parle aux vivants des morts comme aux morts des vivants !
Prends ton poste au donjon, sonore sentinelle, Veille sur ces vallons, veille sur ces sommets; Garde à ces bois chéris une paix éternelle; Que la sainte amitié les habite à jamais.
Qu'au loin en t'écoutant la terre soit bénie; Comme à la voix de Dieu, qu'elle enfante à ta voix ; L'abondance du ciel tombe avec l'harmonie : Verse aux sillons le grain et le feuillage aux bois.
Garde cette maison, tu dois chérir son hôte. Grand cœur où, comme en toi, l'esprit divin descend; C'est lui qui t'a bâti la tour solide et haute : Il est de l'œuvre sainte un ouvrier puissant.
Et tous nous aimerons vos deux voix fraternelles ; Car Dieu sur ce sommet, qui voit poindre le jour, Vous mit pour nous parler des choses éternelles. Et saluer de loin le règne de l'amour.
UTOPIE