‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 48 sur 113 · LE BAPTEME DE LA CLOCHE · texte numérisé non relu

LE BAPTEME DE LA CLOCHE

Va donc, fille du feu, sur les tombeaux assise ! Donne à chacun sa place en tes hymnes fervents; Chante pour ceux à qui la lumière est promise; Parle aux vivants des morts comme aux morts des vivants !

Prends ton poste au donjon, sonore sentinelle, Veille sur ces vallons, veille sur ces sommets; Garde à ces bois chéris une paix éternelle; Que la sainte amitié les habite à jamais.

Qu'au loin en t'écoutant la terre soit bénie; Comme à la voix de Dieu, qu'elle enfante à ta voix ; L'abondance du ciel tombe avec l'harmonie : Verse aux sillons le grain et le feuillage aux bois.

Garde cette maison, tu dois chérir son hôte. Grand cœur où, comme en toi, l'esprit divin descend; C'est lui qui t'a bâti la tour solide et haute : Il est de l'œuvre sainte un ouvrier puissant.

Et tous nous aimerons vos deux voix fraternelles ; Car Dieu sur ce sommet, qui voit poindre le jour, Vous mit pour nous parler des choses éternelles. Et saluer de loin le règne de l'amour.

UTOPIE

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