‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 68 sur 113 · AU BORD DU PUITS · texte numérisé non relu

AU BORD DU PUITS

Le puits profond était poli comme un miroir ; Le ciel s'y reflétait tout bleu, pur de nuages, Faisant d'azur et d'or un nimbe aux frais visages Des amoureux penchés et ravis de s'y voir.

Sur le riant cristal encadré d'un mur noir Se jouaient leurs yeux vifs en mille badinages ; Lancés du bout du doigt entre ces deux images, Les baisers voltigeaient dans le sombre couloir.

Voici qu'aux doux signaux et qu'à l'œillade folle La source en bouillonnant vient couper la parole : Du flot qui les traduit !e sourire est moins clair...

Mais pour se mieux parler, dans ces brèves tempêtes. Mêlant leurs cheveux blonds, ils rapprochaient leurs Et les baisers cessaient de se perdre dans l'air.

A LA BRETAGNE. Sj I

Page 1