A MON AMI EMILE CRIMAUD
Potius niori quara fœdari.
Tu ne me connais pas, chère et sainte Armoriqiie; D'un moins noble pays je suis le barde obscur; Je n'ai jamais encor respiré ton air pur Et courbé mes genoux sur ton sol héroïque.
Moi, l'amoureux de l'ombre et l'écho des grands bois Fidèle au gui sacré, couronné de verveines. Je n'ai pas visité tes vieux temples gaulois, « O terre de granit recouverte de chênes! » '.
Mais, du fond des cités et surtout des déserts, Hôte ignoré de toi, j'ai fréquenté ton âme; J'ai vécu de ta vie et brillé de ta flamme. J'ai rendu témoignage au vrai Dieu que tu sers.
Combien parmi tes fils n'ai-je pas eu de frères, Toi qui nous mis à tous notre harpe à la main!