‹ Œuvres poétiques (volume 3)Chapitre 80 sur 113 · IV · texte numérisé non relu

IV

Une ardente auréole illumine ta tête,

L'éclat des plus grands norr-s perd à s'en approcher.

Aux esprits attirés vers la beauté parfaite,

La croix seule apparaît plus haut que ton bûcher.

Non, tu ne souffris pas en vain pour notre France ! Ton doux Seigneur et toi la viendrez secourir. Nous attendons, ô Jeanne! une autre délivrance : La race d'oîi tu sors n'est pas près de périr.

Oui, dans notre vieux sang — après l'heure mauvaise Ta grande âme subsiste et peut se ranimer. Tant que sur notre terre une femme française Aura des fils encore et saura te nommer.

Va, ton jour nous luira! Ta France bien-aimée, Forte du vieil honneur et de l'esprit nouveau, Renaîtra de ta cendre, à tous les vents semée. Et que n'enferme pas la pierre d'un tombeau.

Tu la verras encor, paisible et souveraine. Recevoir, devant toi, le sacre du Seigneur... Nous te rendrons ta terre, ô ma boime Lorraine, Car tu fus à la peine et seras à l'honneur!

Oui, nous reconstruirons ta beauté tout entière, Dans son pur idéal que nous cherchons encor : L'art ne nous manquera pas plus que la matière, Et nous pourrons choisir ou du bronze, ou de l'or.

Nous aurons reconquis notre sol et notre âme. Maîtres de nos destins, libres de nos travers,

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