IV
Tu n'as cessé jamais, dans ta nuit la plus sombre. D'illuminer tes vers de son nom bienfaisant; Sa colonne de feu planait sur toi dans l'ombre, Tu l'as senti partout, ce Dieu toujours présent.
Qu'importe qu'on l'ignore, ou l'insulte, ou le nie, Qu'on le démontre esclave en un monde fatal, j
Qu'on lance contre lui, terreur ou calomnie, 1
Ce blasphème sanglant, l'cterniié du mal !
Va, rien ne troublera ta foi calme et profonde; Tu sais ton Dieu très bon, très grand, toujours vainqueur On peut le méconnaître en disséquant le monde, Si tu veux le bien voir, regarde dans ton cœur;
Dans un cœur affranchi des ambitions vaines. De ses désirs trompés ne portant plus le deuil. Pur, serein, au-dessus des craintes et des haines, Et dans l'immense amour abjurant son orgueil. j
Alors tu reprendras ta paix et ta lumière; Tu feras mieux qu'aux jours de ta virginité : Le mal que tu nias dans ta candeir première. Tu l'auras vu, souffert... Et tu l'auras dompté.
Rien n'opprimera plus ta raison asservie; Du combat de la mort tu te feras un jeu, Et tu t'élanceras dans l'éternelle vie.
Libre et sûr de toi-même et certain de ton Dieu.
Oui, je vous ai conquis, je vous possède, ô Père! Sais-je encor ce qu'étaient mes fragiles tourments?