‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 1 sur 138 · Oeuvres poétiques · texte numérisé non relu

Oeuvres poétiques

Vous m'écoJtte\ penser et vous me voye^ vivre, Ami ! vous save^ bien qui m'a dicté ce livre : C'est l'œuvre d'un croyant , et non d' unfroid moqueur Celivre ! il vient de ceux de quime vient mon cœur; De ceux que j'interroge et que je vois en songe, De ceux qui m'ont transmis la haine du menàonge. De ceux à qui je dois un symbole, jui drapeau, Tout ce qui fait un homme au milieu d'un troupeau: De ma mère d'abord, de ma mère, humble sainte Qui vécut à genoux dans l'amour et la crainte, M'enseignant à courber mon front devant la croix, Et forçant ma raison à répéter : Je crois ; De mon père, un penseur à la franche parole, Qui jamais n'a fléchi devant aucune idole; Qui vécut libre et fier et lutta jusqu'au bout. Qui m'instruisit d'exemple à me tenir debout ;

Qui, sur le vil succès ne jugeant point des causes, M'apprit, hormis l'honneur, à priser peu de choses. Mon père! il îi'est plus là pour me dire : En avant! Pour censurer mes vers, et les dicter souvent ; Mon père! il m'a donné,'pour couronner mon livre, La suprême leçon : — que Dieu m' aide à la suivre! — — Manière, hélas! déjà me l'avait enseigné — // m'apprit comme on meurt paisible et résigné. Ami, vous assistie'i à ce moment auguste. Bien plus que le témoin de cette Jin d'un juste. Vous étie\, pour nous tous, le vigilant secours Qui gagne sur la mort des heures et des jours, L'infatigable espoir par qui l'on peut encore Vivre, agir, au chevet du mourant qu'on adore. Vous étiei ce sourire étendu sur les pleurs Qui, versant un soleil sur les lits de douleurs. Fait pénétrer au fond des âmes qu'il rassure Le baume que la main répand sur la blessure. Indomptable et serein dans cet affreux émoi, Vous étiei là son aide et sonjils mieux que moi. C'est vous, 6 l'ion ami, déjà plus que mon frère. Qui l'avei revêtu de son drap funéraire ; Vous n'ave\ pas voulu — m'écartant de ce seuil — Qu'une main d'étranger le mit dans son cercueil. Votre main, de ce jour, porte une auguste empreinte , Je l'avais pour très chère et je l'ai pour très sainte. Ce grand cœur vénéré dont j'ai perdu l'appui, C'est envous qu'il me parle et m'assiste aujourd'hui. Lorsqu'au bout de ma tâclie ici-bas terminée. J'irai me reposer de ma triste journée, Quand <hi poids démon corps et du poids de mon cœu r Je serai libre enfin, et peut-être vainqueur ;

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