‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 44 sur 138 · DE PRUSSE · texte numérisé non relu

DE PRUSSE

Roi, l'homme qui vous parle est un homme de paix, Un homme de prière, ami des bois épais, Soumis aux justes lois, fidèle aux justes maîtres. Nourri dans le respect des rois et des ancêtres. Jamais un mot de lui blessant les vieilles mœurs N'a brigué le succès des modernes rimears; Jamais, pour mendier des couronnes civiques.

Sa musc ne hurla sur les placjs publiques. S'il a dit fièrement, d'un style bien trempé, Son mépris de la fourbe et d'un sceptre usurpé, Il brave en tous ses vers et dans toute sa vie Le démagogue impur, fait de haine et d'envie. Les auux dont il sort, dont il suit la leçon. Dont il garde à son fils le modeste écusson, Jugés pour leurs vertus, condimnés par le crime, Mouraient sur l'échafaud du prince Icgitime.

Or voici, devant Dieu, la main levée au ciel,

Ce que vous dit cet homme au cœjr droit et sans fiel.

Tu poursuis une guerre, une victoire infâmes, O roi, sombre assassin des enfants et des femm^is! Ton orgueil se repaît de larmes et de sang. Ta sauvage fureur va toujours grandissant. Comme l'horrible feu que tes hordes serviles Promènent par ton ordre aux quatre coins des villes, Châtiant l'orphelin, dans les bourgs envahis, D'être né d'un soldat tombé pour son pays, Se vengeant de l'époux sur la veuve éventrée, Et faisant un déssrt de sa riche contrée. L'incendie et le vol ont marqué tous tes pas ; Gorgé de sang et d'or, tu ne t'en soûles pas!

Voilà par quels hauts faits il veut qu'on le renomme, Ce roi qui se prétend chrétien et gentilhomme. Mais Dieu vous a jugé, Guillaume le Maudit ; Vous n'êtes pas un roi, vous êtes un bandit!

Toi seul et ton orgueil attisez celte guerre.

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