‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 50 sur 138 · A GRETCHEN · texte numérisé non relu

A GRETCHEN

Prouvant qu'on ne saurait ailleurs Que dans la vieille Germanie Trouver l'amour vrai dans les cœurs, Dans les cerveaux le vrai génie.

Maintenant, savez-vous pourquoi, Sa douce lettre étant écrite.

Elle interroge avec émoi L'oracle d'une marguerite?

La fleur lui dit si son amant, Dans les châteaux qu'il déménage, Lui fait bonne part du pillage...

Un peu, beaucoup, énormément!

Fritz n'a pas des instincts féroces, Gretchen n'a pas les doigts fripons; Mais il faut encor des jupons A son mince trousseau de noces.

Elle voudrait, pour les grands jours, Quelques fins mouchoirs de batiste; Les dentelles sur le velours Font très bien... Gretchen est artiste.

Une perle d'un certain prix Manque à son tortil de baronne; On peut la trouver dans Paris...

Cette exécrable Babylone !

Oui, blonde Gretchen, vous aurez Plus que Fritz n'ose vous promettre,

Tous les trésors énumérés Dans le palhos de votre lettre.

Vos princes, vos héros germains Savent user de leurs victoires; Ils ont pris de leurs nobles mains Notre linge dans nos armoires.

Calicot, batiste et linon, Tout a passé chez leurs payses; Les payses n'ont pas dit non...

Gretchen, vous portez nos chemises !

Pour une femme de la cour, Franchement, vous n'êtes pas fière, Gretchen ! Margot k vivandière Entend mieux l'honneur et l'amour.

Si le sapeur, qui la courtise.

Lui disait, las de trop souffrir :

« Belle Margot, pour vous l'offrir J'ai pris à Gretchen sa chemise. »

Tout irait mal, j'en ai grand'peur; Et Margot, couleur de l'aurore, Gratifierait le beau sapeur D'un soufflet rapide et sonore.

Nos femmes à nous, Dieu merci, Ont le cœur plus haut que les vôtres Et ne consentent pas ainsi A porter les nippes des autres.

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