DON LOPEZ, DONA SERAFINA
DON LOPEZ
Pantaleo raisonne en très grand casuiste; Pourtant, j'ai quelque chose en moi qui lui résiste. L'Eglise à nul docteur, si renommé qu'il soit, De parler en son lieu n'a conféré le droit; Et le premier pédant qui veut tenir chapitre De son bonnet crasseux ne fait pas une mitre. Ce monsieur, l'ex-Mentor de ton gendre futur Est-il un si grand saint?... Je n'en suis pas bien sûr. Sous cette politique à nos fins détournée, Je flaire en ton dévot un courtier d'hyménée. Je connais des chrétiens, — qui ne sont pas d'hier, - D'un esprit très soumis, mais d'un honneur très fier, Professant qu'avant d'être un dévot qu'on renomme. Il faut, chemin faisant, rester un honnête homme, Et prouver qu'en dehors des articles de foi. D'un intérêt sordide on ne fait pas sa loi. Oui, j'ai vu de vrais saints qui faisaient bonne gardo
Dans le camp d'an parti, qui portaient sa cocarde, Soldats d'un droit humain et d'un serment prêté. Ayant pour ennemis ceux de la liberté.
Je sais que ton docteur prêche, à qui veut 1 entendre. Une autre opinion : mais j'ai peine à m'y rendre : Mon premier sentiment...
DONA SERAFINA
C'était aussi le mien; Je vous approuve en tout, vous le savez fort bien. Mais l'avis d'un tel homme, — excusez ma franchise, ■ Me trouble et me confond, et je reste indécise. En fait de politique et de gouvernements. Un bon chrétien n'a pas tous ces raffinements; C'est le point capital, celui que je vous livre. Du reste, mon ami, je suis prête à vous suivre, En exil, au désert, en prison s'il le faut. Sur le champ de bataille et jusqu'à l'échafaud.