‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 66 sur 138 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

DON LOPEZ, seul.

Ua pareil sacrifice! O femme Incomparable, L'accepter! Non, jamais! je serais trop coupable. Dans un obscur manoir enfouir ce trésor. Tant de vertus, d'esprit, tant de jeunesse encor! Perdre du même coup, — disons-le sans mystère, — Un mari pour Ynez... peut-être un ministère!

Pourquoi ? pour un parti qui sera mort demain. C'est plus que n'aurait fait un citoyen romain. Mais mon passé, mon nom cité comme un précepte ! — Car on me sifflera, franchement, si j'accepte. — O ma fille! ô ma femme! ô mes fiers sentiments! O la place qu'on m'offre ! ô tous mes vieux serments ! O tous mes quolibets sur les palinodies! Avec moins de matière on fait des tragédies. Contre vous, ô Caton, j'oserais parier, Si vous aviez eu femme... et fille à marier! Ciel! de mes volontés, est-ce moi qui dispose? Ou père, ou citoyen, décidons quelque chose : Choisissons, il le faut, les honneurs ou l'honneur; Ou soyons paysan, ou soyons gouverneur.

Page 1