‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 74 sur 138 · DARD ANUS · texte numérisé non relu

DARD ANUS

Puis voyez Rome, après cet heureux incendie ! Rome est neuve, embellie, assainie, agrandie...

Moi je laisse admirer la bâtisse aux pédants, Et je prise, avant tout, ce qui se fait dedans. J'oublie un peu les arts et la belle nature Pour les plaisirs logés dans cette architecture. Nous avons, — sans compter notre divin César, — Des chanteurs, des acteurs, des conducteurs de char, Des sculpteurs, des auteurs, des peintres par centaines. Comme on n'en vit jamais aux plus beaux jours d'Athènes. Les courses, les soupers, les jeux que nous donnons, Valent pour mon bonheur cinquante Parthénons.

D A RDAN US.

Néron est grand artiste, on le juge à ses fêtes; Son goiit n'admet en rien que des choses parfaites.

C'est mon avis : César a des raffinements Qui le font passé maître en divertissements. Tout s'usait, tragédies et courses de carrosses, Grands combats de vaisseaux ou d'animaux féroces. Gladiateurs, captifs mangés par des lions... On nous en redonnait plus que nous n'en voulions.

La nouveauté manquait ; c'était vraiment fort triste. César nous a trouvé du neuf, le grand artiste ! Vous savez bien, seigneurs, cette chasse aux chrétiens, Habillés de peau d'ours et courus par les chiens? Dans ses jardins, ouverts au bon peuple qui l'aime, Néron sonnant du cor la conduisait lui-même. Le soir, pris tout vivants et bien enduits de poix, Ces gens-là nous servaient de flambeaux dans le bois, Au milieu des crissourds, des hurlements funèbres. Cette chair crépitante éclairait les ténèbres. Voilà du neuf, au moins! ce jeu n'est pas usé... Jamais le peuple, aussi, ne s'est tant amusé.

A pp lus.

Et l'on trouve des gens d'humeur assez mal faite Pour fronder, murmurer, et pour hocher la tète, Et nous parler vertu, liberté, vieilles mœurs !

Alors qu'en plein janvier on mange des primeurs; Qu'il nous vient par milliers des danseuses d'Asie !

LE POÈTE MvEVIUS.

Quand le prince est lui-même un maître en poésie!

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