‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 75 sur 138 · OTHO · texte numérisé non relu

OTHO

Ils vont moraliser quelques îles lointaines.

AVIOLA.

Il faut partir, mes vieux, ou bien s'ouvrir les veines'-

MiEVIUS.

Restait ce Thraséas, son tour vient aujourd'hui; Néron va, je l'espère, en finir avec lui.

SECOND CITOYEN

Seigneur, ce Thraséas est un homme honorable ; Qu'a-t-il dit ? qu'a-t-ii fait? comment est-il coupable? Il vivait en famille, allait son droit chemin, Et gardait pur en lui l'honneur du nom romain.

Fier du nom de Romain! mais je le crois sans peine. Que n'a pas fait Néron pour la grandeur romaine? Dites-moi sous quels cieux, en quelles régions, Rome n'est pas présente avec ses légions? Nos aigles ont volé du Rhin jusqu'à l'Euphrate. Corbulon a vaincu Bardane et Tiridate.

On soumet les Boïens, les Ansibariens, Les Chauques, les Frisons et les Usipiens, Les Cattes, les Tribants, les Mèdes,les Bructércs, Les Parthesau combat prompts comme des panthères, Des peuples fabuleux!... tout un monde nouveau. Les rois de notre main reçoivent leur bandeau ; Néron va nous donner cette cérémonie ; Tiridate est venu tout exprès d'Arménie. L'éclat du nouveau règne offusque tous ces vieux. Rome en son propre sein nourrit ses envieux. César est grand ! César...

s ECON D CITOYEN.

Est un prince adorable!

Je le dirais en vers, si j'en étais capable ; Si j'avais vos talents... je ne suis pas suspect De manquer pour Néron d'amour et de respect; J'ai fait mon testament; il est mon légataire, Mon fils ne vient qu'après. — Voyez chez le notaire. Mais Thraséas aussi respecte l'empereur ; Ennemi de César il me ferait horreur.

Sa vertu doit peser, seigneur, dans la balance; On ne l'accuse encor que d'un peu de silence ; 11 a tort; mais enfin...

MMVIVS.

Ce bourgeois pense mal ; Il est prudent de fuir ce douteux animal.

Aux jeunes patriciens.

Montez-vous avec moi, seigneurs, chez Cidalise?

Ils s'éloignent, les deux citoyens restent seuls.

2jrt TRIBUNE ET COURTISANS.

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