‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 86 sur 138 · UN JEUNE SÉNATEUR · texte numérisé non relu

UN JEUNE SÉNATEUR

Eh bien, ton Thraséas, son affaire est mauvaise! On nous en débarrasse, et moi, j'en suis fort aise: Il nous assommait tous de son austérité; On ne pouvait plus rire et boire, en vérité! De moroses pédants il traînait une queue; Je le sentais venir, en bâillant, d'une lieue.

l'autre.

Tu le Juges trop mal; il avait de l'esprif; Tel de ses longs discours est vraiment bien écrit ; Il m'a plus d'une fois captivé, je l'avoue. Je l'avais fort connu dans sa ville, à Padoue, Dans la saison des jeux fondés par Anténor. Il y chanta lui-même; il était bon ténor. Disait fort bien les vers. Après quoi noussoupcâmes ; Thraséas fut très gai, très galant pour les dames; Fit même un calembour qui n'était pas trop bon. Je le regretterais, — je l'ai dit à Néron. — J'aimais à l'écouter, quand ma bourse était vide. Il est grand, généreux, siîr, discret, intrépide; II me distrait un peu de nos faiseurs grossiers.

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