THRASEAS, ARRIA, DEMETRIUS, HELVIDIUS, RUSTICUS
THRASÉAS
Mon Arria, foyer de mon courage, Mon épouse, ma sœur, ma force après les dieux, A toi l'instant suprême, à toi les vrais adieux!
ARRIA
Pas d'adieux entre nous qui partirons ensemble m. J4.
Je suivrai Thraséas, c'est mon droit, ce me semble. La fille d'Arria, la fille du malheur, Sait qu'un coup de poignard n'est pas une douleur. Tu meurs, je dois mourir.
TH RASÉ AS
Tu vivras, situ m'aimes, Si les vœux d'un mourant sont des ordres suprêmes.
Mol je t'adjure aussi des portes du tombeau.
THRASÉAS
Ton sort est le plus rude et partant le plus beau : Vivre et souffrir ! •
C'est trop et je crains d'être lâche ; Je suis femme et j'ai droit à la plus douce tâche.
THRASÉAS
Femme de Thraséas et fille de Pœtus!
Interroge ton cœur et tes propres vertus; Songe à ta fille.
ARRIA
Hélas ! que puis-je encor pour elle •
THRASÉAS
Lui montrer longuement la route maternelle.
LE PROCÈS DE THRASÉAS. i'fj/
ARRI A
Je mourrai de mes pleurs sous ce ciel abhorré.
THRASÉAS
Vivez, mon Arria, je veux être pkuré.
ARRIA
Va, cruel, tu me fais une part trop amère.
THRASÉAS
Veuve de Thrasias, â ton poste de mère!
ARRIA
J'obéis!... Mon enfant, que tu me coûtes cher! Elle sort; entre le questeur.