‹ Œuvres poétiques (volume 4)Chapitre 93 sur 138 · THRASEAS, ARRIA, DEMETRIUS, HELVIDIUS, RUSTICUS · texte numérisé non relu

THRASEAS, ARRIA, DEMETRIUS, HELVIDIUS, RUSTICUS

THRASÉAS

Mon Arria, foyer de mon courage, Mon épouse, ma sœur, ma force après les dieux, A toi l'instant suprême, à toi les vrais adieux!

ARRIA

Pas d'adieux entre nous qui partirons ensemble m. J4.

Je suivrai Thraséas, c'est mon droit, ce me semble. La fille d'Arria, la fille du malheur, Sait qu'un coup de poignard n'est pas une douleur. Tu meurs, je dois mourir.

TH RASÉ AS

Tu vivras, situ m'aimes, Si les vœux d'un mourant sont des ordres suprêmes.

Mol je t'adjure aussi des portes du tombeau.

THRASÉAS

Ton sort est le plus rude et partant le plus beau : Vivre et souffrir ! •

C'est trop et je crains d'être lâche ; Je suis femme et j'ai droit à la plus douce tâche.

THRASÉAS

Femme de Thraséas et fille de Pœtus!

Interroge ton cœur et tes propres vertus; Songe à ta fille.

ARRIA

Hélas ! que puis-je encor pour elle •

THRASÉAS

Lui montrer longuement la route maternelle.

LE PROCÈS DE THRASÉAS. i'fj/

ARRI A

Je mourrai de mes pleurs sous ce ciel abhorré.

THRASÉAS

Vivez, mon Arria, je veux être pkuré.

ARRIA

Va, cruel, tu me fais une part trop amère.

THRASÉAS

Veuve de Thrasias, â ton poste de mère!

ARRIA

J'obéis!... Mon enfant, que tu me coûtes cher! Elle sort; entre le questeur.

Page 1