‹ Œuvres poétiquesChapitre 100 sur 124 · LES FLEURS DES BOIS · texte numérisé non relu

LES FLEURS DES BOIS

Venez! voici, dans nos bois,

Les beaux mois Où l'on aime, oîi l'on médite.

Dieu, qui répand sur nos fleurs

Leurs couleurs.

Dieu veut que l'on nous visite.

Venez ! la rose, aujourd'hui,

Meurt d'ennui, Sur le buisson qui l'enchaîne, De n'ouïr que les ruisseaux,

Les oiseaux, Ou la voix grave du chêne.

Comme elle aurait de plaisir

A saisir.

En frémissant sur sa tige, Un souffle, au moins, plus vivant

Que le vent, Votre haleine qui voltige.

Elle aspire à recevoir.

Pour ce soir.

Sur sa corolle embrasée.

Une larme de vos yeux...

L'aimant mieux Qu'une coupe de rosée.

Quand frappe à leur front vermeil

Le sommeil.

Oui, les fleurs seraient heureuses D'écouter et d'assoupir

Un soupir De vos lèvres amoureuses.

Les bois aiment la chanson

Du pinson ; Mais, pour le chêne lui-même, Rien ne vaut deux fraîches voix,

Mille fois Répétant ces mots : Je t'aime !

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