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LES FONTAINES

La source, au pied du mont natal, A l'abri du moindre zéphyre.

Comme un grand disque de cristal Dans un cadre vert de porphyre,

Sous le chêne au feuillage noir, Fraîche au milieu d'un air torride, La source étale son miroir Comme un acier pur et sans ride.

L'azur sombre en est si profond, Si bien clos dans son lit de roche.

2 28 IDYLLES HÉROÏ(i.UES.

Qu'effrayé de ce puits sans fond Jamais le chevreuil n'en approche.

Que sert le transparent bassin, Si le cygne au long cou d'ivoire Ne doit s'ébattre dans son sein, Et si la biche n'y vient boire?

Il attend de voir, à genoux Sur la mousse qui l'environne, Un couple aux yeux chastes et doux Que le myrte amoureux couronne.

t Ensemble ils viennent s'y pencher,

Mêlant noirs cheveux, boucles blondes

Leurs regards, prompts à se chercher.

Croisent deux éclairs sous les ondes.

Alors, animés par leurs yeux, Le bassin, fait pour qu'on s'y mire, De sombre devenu Joyeux S'illumine de leur sourire.

CHANT d'oiseaux.

Quand nous chantons nos amours, Les vieux chênes sont-ils sourds?

Non sans doute.

Mais à leurs pieds, par bonheur.

Dans l'ombre, un beau promeneur

Nous écoute.

On le devine à ses yeux, C'est un amant soucieux,

Las d'attendre.

Charmez, oiseaux, son ennui, Et trouvez un cliant, pour lui,

Vif et tendre.

Battez de l'aile ! on entend Deux soupirs, à chaque instant.

Se confondre.

Voici le bruit d'un baiser; Il va, sans plus s'apaiser.

Vous répondre.

K O N R AD

Chantez pour nous! chantez vos plus douces chansons. Mes frères les oiseaux, et battez-nous des ailes. Polissez le cristal de vos miroirs fidèles. Fontaines au flot pur près de qui nous passons.

Et vous, lancez à flots l'odeur qui nous enivre, Rosiers pleins de soleil, chèvrefeuille et jasmin ; Voici, les yeux baissés et sa main dans ma main, La reine de mon cœur qui consent à me suivre.

Unissez vos splendeurs pour nous faire un beau Jour; Rayonnez, embaumez, chantez d'une voix tendre. S'il faut des cœurs émus pour savoir vous entendre, O nature, en voici tout palpitants d'amour !

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