‹ Œuvres poétiquesChapitre 33 sur 124 · L'ÉTÉ DE NOVEMBRE · texte numérisé non relu

L'ÉTÉ DE NOVEMBRE

Novembre a son été ! sous ses derniers soleils

Il est quelques beaux soirs, froids et pourtant vermeils ;

Mais toi, si tu n'y peux, dans tes brouillards moroses,

Tirer de ton jardin quelques suprêmes roses,

Près du feu vif et pur de l'antique manoir,

Va chercher le rayon qui manque à ton ciel noir.

EDITH

Près du foyer héréditaire, Je m'assieds comme un exilé ; C'est là, surtout, qu'il faut se taire. Car mon mal doit rester voilé.

L'âme à qui j'empruntais ma vie.

Elle dort sous le froid linceul...

Et dans ce monde oiî l'on m'envie, Mon coeur est seul.

Quand, parfois, un mot de tendresse Me rendrait mon deuil plus léger, La lèvre à qui mon cœur s'adresse Me parle un langage étranger.

Nous répétions si bien ensemble Le même aveu sous le tilleul!.,.

Et, sous le toit qui nous rassemble.

Mon cœur est seul.

lO^ l'Es SYMPHONIES.

Ceux qui m'aiment d'amitié siàre, A me voir ce front soucieux, Craignant de toucher la blessure, Devant moi sont silencieux.

Hélas ! je ne vois plus sourire Les yeux indulgents de l'aïeul; Et, parmi nous, il semble dire :

Mon cœur est seul.

Sais-je, au moins, ce que tu dois être, Toi qu'il endort sur ses genoux ? Seras-tu digne de l'ancêtre?

Auras-tu son cœur fier et doux?

Je tremble, hélas, qu'un Dieu sévère Ne te frappe, innocent filleul !

Tu n'auras pas connu ta mère!..

Mon cœur est seul.

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