LA VIEILLE ARMURE
N'emporte pas ce fer! laisse avec ces piliers Crouler tes vieilles panoplies;
Sous ces murs qu'animait l'esprit des chevaliers Nous voulons être ensevelies.
Qu'importe à notre acier vos étuis de velours! L'arme est faite pour la bataille.
Pour un vain ornement ces casques sont trop lourds : Tes fils ne sont pas à ma taille.
A quoi nous gardez-vous? épargnez à ce fer Un sordide emploi qui le souille;
Il trouve en ces débris un tombeau noble et fier; Qu'il meure ignoré dans sa rouille!
Entre vos faibles mains que puis-je devenir,
Moi, l'instrument des épopées ?
Emportez des aïeux quelque autre souvenir ;
Ne touchez pas à leurs épées.