‹ Œuvres poétiquesChapitre 4 sur 124 · XA SOURCE · texte numérisé non relu

XA SOURCE

L'humble source est intarissable; Dans l'herbe entendez-la frémir.

J'y suis bien sur mon lit de sable, Si bien que j'y voudrais dormir !

Je n'en sors qu'avec un murmure.

Pleurant mon bassin de cristal ; Et mon eau va, sous la verdure, Se perdre au bout du pré natal.

C'est assez d'apporter la vie

Aux fleurs de mes bords transparents :

J'y mourrai sans porter envie

Aux flots voyageurs des torrents.

L'eau du fleuve est trop agitée

Pour être un fidèle miroir ;

Et jamais la lune argentée

Ne s'y baigne en paix tout un soir.

Mais moi, quand tu viens, jeune fille, Je reflète, en mon flot charmé, Tes grands yeux oiî ton âme brille.

Et les regards du bien-aimô.

A D AH

Que ton sourire est beau sous ce grand front sévère ! Comme il invite bien à l'amour, à l'espoir ! Ainsi, sous le grand chêne où tu m'as fait asseoir, J'ai vu, dans un rayon, s'ouvrir la primevère,

Un charme, ô bien-aimé ! m'enchaîne auprès de toi ; Mes yeux semblent contraints à chercher ton visage. Et pourtant, à tes pieds, je sens un vague efl'roi M'arriver de ton front, s'il y passe un nuage.

SYMPHONIE DES SAISONS. IJ

Ton aspect a des dieux la grâce et la fierté, O mon bel inconnu ! mais aussi leur mystère. Tes doux regards, souvent mêlés d'éclairs austères, M'apportent la tristesse avec la volupté.

Quel enivrant parfum autour de toi voltige! Hier, tu m'offris des fleurs aux étranges contours ; Des signes merveilleux sont peints sur leur velours, Et, quand je les respire, il me vient un vertige.

Tu m'as parlé souvent d'une terre aux fruits d'or; Tu voudrais la revoir et l'habiter ensemble ; Je suis prête à t'y suivre.,, et malgré moi je tremble. Sous l'aubépine en fiear, ami, restons encor.

Je veux cueillir encor les genêts de nos landes; Laisse-moi du vieux temple en orner les piliers. Et, des fleurs du pays, achever ces guirlandes Que j'ai fait vœu d'offrir à nos dieux familiers.

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