CHOEUR DES FÉES
Dans l'aube où nous régnons bienheureux qui sommeille ! Dénoue avec lenteur notre écharpe vermeille. Et garde un voile encor sur ton front ingénu. Que l'innocent réveil du printemps qui se lève
Ressemble encore au rêve Où ton âme entrevit le céleste inconnu.
Fais durer longuement la saison des prémices : Les jours y sont pareils, mais tous ont leurs délices. Vos heures passeront comme un groupe de sœurs :
l6 LES SYMPHONIES.
Toutes ont le même air et semblable parure;
Pourtant chaque figure A sa grâce distincte et ses propres douceurs.
Reste donc parmi nous, dans le pays des songes, Seul monde où le cœur vive à l'abri des mensonges, Habite nos palais de nuages construits ; Ne poursuis que des yeux nos vagues perspectives ;
Fuis les clartés trop vives, Et nourris-toi des fleurs plus douces que les fruits.