LES AIGLES
Nous montons si haut dans l'espace, Nous planons dans un ciel si pur, Que la terre à nos pieds s'efface Comme un rocher noir dans l'azur.
Dans la sphère où le jour s'allume, Nous allons baigner notre plume; La lumière est notre élément ; En vain l'aurore en feu ruisselle, Nous n'avons jamais devant elle Baissé nos yeux de diamant.
Eh bien, nous te cédons l'empire !
Nous n'avons pu suivre ton cœur, Ni respirer l'air qu'il respire Dans son vol sublime et vainqueur.
Hier, nous, les porteurs de la foudre.
T'avons vu là-bas dans la poudre, Sous les barreaux d'une prison, Homme ! Et voilà que ta pensée, Malgré les fers s'est élancée Et nous dépasse à l'horizon.
Va donc, plus libre et plus rapide Que l'oiseau roi sur les sommets,