‹ Œuvres poétiquesChapitre 78 sur 124 · UN MOISSONNEUR · texte numérisé non relu

UN MOISSONNEUR

La montagne a ses prairies, Le lait pur des vacheries, Des sources à chaque pas.

Des bouleaux et des mélèzes,

Et des fraises... Mais le froment n'y vient pas.

Là, j'ai mon taillis de hêtre, Un troupeau dont je suis maître, Un grand chalet de sapin.

Là, j'ai nombreuse famille :

Ma faucille Sait où. lui trouver du pain.

La plaine en doux fruits abonde, D'épis elle est toute blonde ;

ipa IDYLLES HEROIQ.UE8.

Le blé rentre à plein portail; Mais la montagne a des hommes,

Et nous sommes Les plus braves au travail.

L'air est chaud comme à la forge, La soif nous serre la gorge; Mais la moisson va son train ; Puis, au bout de la semaine,

On ramène Son mulet chargé de grain.

Mes filSj au bruit de ses cloches, Légers, glissant sur les roches.

Viennent se pendre à mon flanc, Fêtant de leurs allégresses

Mes caresses, Et l'espoir du bon pain blanc.

CHOEU R.

Moissonneurs ! sans plaindre vos peines, Cueillez les blés mûrs dans les plaines. Le blé, notre bien le plus cher !

Ce grain d'or, sous sa pâle écorce. C'est le germe de notre force ; C'est notre sang et notre chair.

Pour le pauvre, en liant la gerbe, Laissez quelques épis dans l'herbe ; Qu'il glane un peu de ce bon grain.

Puissions-nous, dans un champ prospère.

frAntz. 193

Voir tous les fils du même père Unis autour du même pain!

FR ANTZ.

La maison, tout en fête, avec amour décore L'heureux char des moissons qui s'est rempli pour nous ; La maison, tout en fête et plus Joyeuse encore, A vu l'épouse entrer et sourire à l'époux.

Dieu fait miîrir les blés; c'est la femme économe Qui mélange un sel pur au pain de chaque jour ; C'est elle, en souriant, qui donne au cœur de l'homme Son aliment sacré d'allégresse et d'amour.

Comme ce blond froment, elle est l'or véritable ; Elle est le chaste orgueil du maître et du manoir, Le joyau qu'on admire, accoudé sur la table. Le flambeau du foyer quand le ciel se fait noir.

La maison, tout en fête, avec amour décore L'heureux char des moissons qui s'est rempli pour nous La maison, tout en fête et plus joyeuse encore, A vu l'épouse entrer et sourire à Tépoux,

iPt IDYLLES HÉROÏQ^UES.

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