LE BOUVIER
Il est noble, il s'assied près des anciens du bourg, Le bouvier qui commande aux taureaux de labour
Domptés par sa main vigoureuse; De l'antique charrue il tient le gouvernail, Et le grain sortira, fruit de son dur travail,
Du sillon large et droit qu'il creuse.
Il est vaillant jouteur du poing et du bâton; C'est lui qui dans la lice, aux fêtes du canton,
Lance au but les folles cavales ; Du village ennemi son bras est redouté; Près de lui, beau danseur rayonnant de gaîté,
Toutes les filles sont rivales.
S'il part conscrit, bien vite il est fait grenadier. Honneur aux hommes forts ! au solide bouvier : Sa place est partout la première.
202 IDYLLES HÉR0ÏQ,UES.
A table avec son maître, assis au même banc,
Il a sa bonne part du cidre et du pain blanc,
Servis des mains de la fermière.