‹ Œuvres poétiquesChapitre 96 sur 124 · IDYLLES HER01Q.UES · texte numérisé non relu

IDYLLES HER01Q.UES

Et mon front n'a touché qu'en rêve Au nimbe d'or des bienheureux.

Mes pieds ont peine à me conduire Sur un sentier matériel ; Mais je suis pareille au navire, Ma force est dans le vent du ciel.

C'est le nom du Dieu que je prie Qui donne à ma voix sa douceur, Et, dans ton âme endolorie, M'annonce à toi comme une sœur.

Si mon front a quelque noblesse,

Je la reçus avec la foi;

Je n'ai que ma chaste faiblesse

Et mon cœur qui soient bien à moi.

Dieu me vit tremblante et courbée ; Un piège était sur mon chemin, Et mon âme y serait tombée, Sans un miracle de sa main.

KONR AD.

Si des pleurs à tes yeux je ne voyais les traces, Je te croirais un ange et n'oserais parler. Ton cœur, que la tristesse embellit de ses grâces, S'il n'avait pas souffert ne saurait consoler.

Non moins que ta beauté cette douleur m'attire, M'apprenant que ton sein palpita comme nous.

Ce front charmant, peut-être, est fait pour le martyre Mais il est fait, encor, pour qu'on l'aime à genoux.

Puisque de ma prison tu sais ouvrir les portes, Délivre aussi mon âme esclave en ce bas lieu; Tends à mes faibles mains la palme que tu portes, M'élevant jusqu'à toi pour m'approcher de Dieu.

ROSA

Je n'ai la palme, ni les ailes, Ni l'esprit fier et triomphant; J'ai l'amour et l'espoir fidèles.

J'ai l'humble foi qui me défend.

Pour l'emporter dans la lumière, Mon bras est trop débile encor ; Mais vois-tu, là-haut, la prière Qui nous tend son échelle d'or?

Il faut l'escalader ensemble!

Oublions les pleurs essuyés...

Tu me soutiendras si je tremble; Montons! l'un sur l'autre appuyés.

KO N R AD

Ah ! lorsque je rêvais, dans mes saisons bénies, De planer dans la sphère où s'allume le jour. De plonger jusqu'au fond des choses infinies, En traversant le ciel dans un essor d'amour ;

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