II
Ainsi, triste et captif, ma lyre toutefois S'éveillait, écoutant ces plaintes, cette voix, .
Ces vœux d'une jeune captive ; Et secouant le faix de mes jours languissants, Aux douces lois des vers je pliais les accents
De sa bouche aimable et naïve.
Ces chants, de ma prison témoins harmonieux.
Feront à quelque amant des loisirs studieux
Chercher quelle fut cette belle :
La grâce décorait son front et ses discours, Et, comme elle, craindront de voir finir leurs jours
Ceux qui les passeront près d'elle.
^A langue est un fer chaud. Dans ses veines brûlées
Serpentent des fleuves de fiel.
— J'ai, douze ans, en secret, dans les doctes vallées.
Cueilli le poétique miel.
Je veux un jour ouvrir ma ruche tout entière.
Dans tous mes vers on pourra voir Si ma muse naquit haineuse et meurtrière.
Frustré d'un amoureux espoir, Archiloque aux fureurs du belliqueux ïambe
Immole un beau-père menteur.
Moi, ce n'est point au col d'un perfide Lycambe
Que j'apprête uu lacet vengeur.
Ma foudre n*a jamais tonné pour mes injures.
La patrie allume ma voix; «
La paix seule aguerrit mes pieuses morsures;
Et mes fureurs servent les lois.
Contre les noirs Pithons et les hydres fangeuses
Le feu, le fer arment mes mains; Extirper sans pitié les bétes venimeuses.
C'est donner la vie aux humains.
Un vulgaiie assassin va chercher les ténèbres;
Il nie, il jure sur Tautel; Mais nous, grands, libres, fiers, à nos exploits funèbres,
A nos turpitudes célèbres.
Nous voulons attacher un éclat immortel.
De l'oubli taciturne et de son onde noire
Nous savons détourner le cours.
Nous appelons sur nous l'éternelle mémoire;
Nos forfaits, notre unique histoire, Parent de nos cités les brillants carrefours.
O gardes de Louis, sous les voûtes royales
Par nos ménades déchirés, Vos têtes su» un fer ont, pour nos bacchanales,
Orné nos portes triomphales.
A ces bronzes hideux, nos monuments sacrés.
Tout ce peuple hébété que nul remords ne touche.
Cruel, même dans son repos, Vient sourire aux succès de sa rage farouche,
Et, la soif encore à la bouche.
Ruminer tout le sang dont il a bu les flots.
Arts dignes de nos yeux I pompe et magnificence
Dignes de notre liberté.
Dignes des vils tyrans qui dévorent la France,
Dignes de l'atroce démence Du stupide David qu'autrefois j'ai chanté I
De Barca, du Niger les désertes arènes
Nourrissent cérastes ardents, Tigres à l'œil de flamme, implacables hyènes;
Le bitume flotte en leurs veines; Une rage homicide aiguillonne leurs dents.
A de tels compagnons votre juste message
Devait ouvrir votre cité.
Se jeter sur le faible est aussi leur courage.
Ils vivent aussi de carnage; Voir du sang est aussi leur seule volupté.
2J2 ŒUVRES d'aNDRÉ DE CHÉNIER
Mais n'osez plus flétrir de votre ignare estime Des mortels semblables aux dieux.
Dans leurs mâles écrits quel foudre magnanime Tonne sur vous et sur le crime I
Ah! si le crime et vous pouviez baisser les yeux!.,
Voûtes du Panthéon, quel mort illustre et rare
S'ouvre vos dômes glorieux?
Pourquoi vois-je David qui larmoie et prépare
Sa palette qui fait des dieux?
O ciell faut-il le croire I ô destins! ô fortune i...
O cercueil arrosé de pleurs!
Oh 1 que ne puis-je ouïr Barère à la tribune,
Gros de pathos et de douleurs!
duelle nouvelle en France ! et quel canon d'alarmes
Dans tous les cœurs a retenti !
Les fils des Jacobins leur adressent des larmes.
Brissot, qui n'a jamais menti.
Dit avoir vu dans l'air d'exhalaisons impures
Un noir nuage tournoyer, Du sang, et de la fange, et toutes les ordures
Dont se forme un épais bourbier;
Et soutient que c'était la sale et vilaine âme
Par qui Marat avait vécu.
JDe ses jours florissants, par la main d'une femme,
Ce lien aimable est rompu I Le dlvados en rit; mais la potence pleure.
Déjà par un fer meurtrier Pelletier fut placé dans l'auguste demeure.
Marat vaut mieux que Pelletier.
Nul n'aima tant le sang, n'eut tant de soif des crimes.
Qu'on parle d'un vil scélérat, Bien que Lacroix, Bourdon, soient des mortels sublimes.
Nous ne pensons tous qu'à Marat.
Il était né de droit vassal de la potence;
Il était son plus cher trésor.
Console-toi, Gibet, tu sauveras la France I
Pour tes bras la Montagne encor Nourrit bien des héros dans ses nobles repaires.
Le Gendre élève de Caton, Le grand Collot d'Herbois, fier patron des galères,
Plus d'un Robespierre, et Danton, Thuriot, et Chabot; enfin toute la bande;
Et club, commune, tribunal.
Mais qui peut les compter} Je te les recommande :
Tu feras l'appel nominal.
Pour chanter à ces saints de dignes litanies.
L'un demande Anacharsis Clotz ; L'autre veut Cabanis, ou d'autres grands génies;
Et qui Grouvelle, et qui Laclos.
Mais non, nous entendrons ces oraisons funèbres.
234 ŒUVRES d'aNDRÉ DE CHÉNIER
De la bouche du bon Garât; Puis tu les enverras tous au fond des ténèbres
Lécher le c. du bon Marat.
Qpe la tombe sur vous, sur vos reliques chères.
Soit légère; ô mortels sacrés I Pour qu*avec moins d*efforts, par les dogues vos frères
Vos cadavres soient déchirés.
Par le citoyen ÂRCHiLoavB Mastigophorb.
Grâce à notre sénat le ciel n'est donc plus vide t
De ses fonctions suspendu.
Dieu. .
Au siège éternel est rendu.
Il va reprendre en main les rênes de la terre. Tu ne crains pas qu'au pied de ton superbe trône,
Spinosa, te parlant tout bas, Vienne te dire encore : Entre nous, je soupçonne.
Seigneur, que vous n'existez pas.
Quoil ton œil qui voit tout, sans les réduire en cendre.. Ton œil de leurs pensers sonde les noirs abîmes,
Ces lacs de soufre et de poisons,
Ces océans bourbeux où fermentent les crimes,
Q}ie de ses plus ardents tisons...
Ils croyaient se cacher dans leur bassesse obscure.
Sur ses pieds inégaux l'épode vengeresse
Saura les atteindre pourtant.
Diamant ceint d'azur, Paros, œil de la Grèce,
De l'onde Egée astre éclatant I Dans tes flancs où nature est sans cesse à l'ouvrage,
Pour le ciseau laborieux, Germe et blanchit le marbre honoré de l'image
Et des grands hommes et des dieux.
Mais pour graver aussi la honte inef&çable,
Paros de l'ïambe acéré Aiguisa le burin brûlant, impérissable.
Fils d'Archiloque, fier André, Ne détends point ton arc, fléau de l'imposture.
Que les passants pleins de tes vers, Les siècles, l'avenir, que toute la nature
Crie à l'aspect de ces pervers :
« Hou, les vils scélérats I les monstres, les infâmes I
De vol, de massacres nourris!
Noirs ivrognes de sang, lâches bourreaux de femmes,
Qjii n'égorgent point leurs maris; Du fils tendre et pieux, et du malheureux père
Pleurant son fils assassiné ; Du frère qui n'a point laissé dans la misère
Périr son frère abandonné; Vous n'avez qu'une vie... ô Vampires!...
236 ŒUVRES d'aNDRÉ DE CHÉNIER
Et VOUS n'expierez qu'une fois Tant de morts et de pleurs, de cendres, de décombres.
Qui contre vous lèvent la voix I Ils vivent cependant, et de tant de victimes
Les cris ne montent point vers toi !
C'est un pauvre poète, 6 grand Dieu des armcoj 1
dui seul, captif, près de la mort, Attachant à ses vers les ailes enflammées
De ton tonnerre qui s'endort, De la vertu proscrite embrassant la défense.
Dénonce aux juges infernaux Ces juges, ces jurés qui frappent l'innocence.
Hécatombe à leurs tribunaux. »
Eh bien, fais-moi donc vivre, et cette horde impure
Sentira quels traits sont les miens. Ils ne sont point cachés dans leur bassesse obscure,
Je les vois, j'accours, je les tiens.
Vingt barques, faux tissus de planches fugitives, S'entr'ouvrant au milieu des eaux,
Ont-elles, par milliers, dans les gouffres de Loire Vomi des Français enchaînés,
Au proconsul Carrier, implacable après boire,
Pour son passe-temps amenés?
Et ces porte-plumets, ces commis de carnage,
Ces noirs accusateurs Fouquiers, Ces Dumas, ces jurés, horrible aréopage
De voleurs et de meurtriers, Les ai-je poursuivis jusqu*en leurs bacchanales,
Lorsque, les yeux encore ardents.
Attablés, le bordeaux de chaleurs plus brutales
Allumant leurs fronts impudents.
Ivres et bégayant la crapule et les crimes.
Ils rappellent avec des ris, Leurs meurtres d'aujourd'hui, leurs futures victimes ;
Et parmi les chansons, les cris.
Trouvent deçà, delà, sous leur main, sous leur bouche,
De femmes un vénal essaim.
Dépouilles du vaincu, transfuges de sa couche.
Pour la couche de l'assassin; Car ce sexe ébloui de tout semblant de gloire.
Né l'héritage du plus fort, Qjiel que soit le vainqueur suit toujours la victoire ;
D'une lèvre arbitre de mort Étale le baiser, le brigue avec audace;
Et pour nulle oppressive main Leur jupe n'est pesante, et l'épingle tenace
N'a de pointe autour de leur sein.
Le remords est, dit-on, l'enfer où tout s'expie.
Quel remords agite le flanc.
Tourmente le sommeil du dicastère impie
2}8 ŒUVRES D*ANDRé DE CHÉNIER
Qjii mange, boit, rote du sang?
Car qui peut noblement de leur bande perverse
Rendre les attentats £ameux?
Ces monstres sont impurs, la lance qui les perce
Sort impure, infecte comme eux.
Qjiand au mouton bêlant la sombre boucherie
Ouvre ses cavernes de mort, Pâtres, chiens et moutons, toute la bergerie
Ne s'informe plus de son sort.
Les enfants qui suivaient ses ébats dans la plaine.
Les vierges aux belles couleurs Qui le baisaient en foule, et sur sa blanche laine
Entrelaçaient rubans et fleurs, Sans plus penser à lui, le mangent s'il est tendre.
Dans cet abîme enseveli J'ai le même destin. Je m'y devais attendre.
Accoutumons-nous à l'oubli.
Oubliés comme moi dans cet affreux repaire.
Mille autres moutons, comme moi.
Pendus aux crocs sanglants du charnier populaire.
Seront servis au peuple-roi.
Qjie pouvaient mes amis? Oui, de leur main chérie
Un mot à travers ces barreaux Eût versé quelque baume en mon âme flétrie;
De l'or peut-être à mes bourreaux...
Mais tout est précipice. Ils ont eu droit de vivre.
Vivez, amis; vivez contents.
En dépit de Fouquier soyez lents à me suivre.
Peut-être en de plus heureux temps J*ai moi-même, à Paspect des pleurs de l'infortune,
Détourné mes regards distraits; A mon tour aujourd'hui, mon malheur importune :
Vivez, amis; vivez en paix.
On vit ; on vit infâme. Eh bien 1 il fallut l'être ;
L'infâme, après tout, mange et dort.
Ici, même, en ces parcs où la mon nous fait paître,
Où la hache nous tire au sort.
Beaux poulets sont écrits; maris, amants sont dupes.
Caqu étage, intrigues de sots.
On y chante; on y joue; on y lève des jupes;
On y fait chansons et bons mots;
240 ŒUVRES d'ANDRÉ DE CHÉNIER
L*un pousse et fait bondir sur les tois, sur les vitres,
Un ballon tout gonflé de vent, Comme sont les discours des Heftsad, plats bélîtres,
Dont... Il est le plus savant.
L'autre court; l'autre saute; et braillent, boivent, rient,
Politiqueurs et raisonneurs; Et sur les gonds de fer soudain les portes crient,
Des juges tigres nos seigneurs Le pourvoyeur paraît. Quelle sera la proie
Que la hache appelle aujourd'hui ?
Chacun frissonne, écoute; et chacun avec joie
Voit que ce n'est pas encor lui.
Ce sera toi demain, insensible imbécile...
Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphire
Animent la fin d'un beau jour, Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.
Peut-être est-ce bientôt mon tour.
Peut-être avant que l'heure en cercle promenée
Ait posé sur l'émail brillant.
Dans les soixante pas où sa route est bornée,
Son pied sonore et vigilant,
Le sommeil du tombeau pressera ma paupière.
Avant que de ses deux moitiés Ce vers que je commence ait atteint la dernière,
Peut-être en ces murs effrayés Le messager de mort, noir recruteur des ombres,
Escorté d'infâmes soldats.
Emplissant de mon nom ces longs corridors sombres
Où seul, dans la foule à grands pas J'erre, aiguisant ces dards persécuteurs du crime.
Du juste trop faibles soutiens, Sur mes lèvres soudain va suspendre la rime;
Et, chargeant mes bras de liens.
Me traîner, amassant en foule à mon passage
Mes tristes compagnons reclus Qui me connaissaient tous avant l'affreux message,
Mais qui ne me connaissent plus.
Eh bieni j'ai trop vécu. Quelle franchise auguste.
De mâle constance et d'honneur, Quels exemples sacrés doux à l'ânie du juste,
Pour lui quelle ombre de bonheur.
Quelle Thémis terrible aux têtes criminelles.
Quels pleurs d'une noble pitié.
Des antiques bienfaits quels souvenirs fidèles,
Quels beaux échanges d'amitié, Font digne de regrets l'habitacle des hommes?
La peur blême et louche est leur Dieu, La bassesse, la feinte. Ah 1 lâches que nous sommes 1
Tous, oui, tous. Adieu, terre, adieu.
Vienne, vienne la mortl que la mort me délivre I...
u. il
242 ŒUVRES d'aNDRÉ DE CHÉNIER
Ainsi donc, mon cœur abattu Cède au poids de ses maux ! Non, non, puissé-je vivre 1
Ma vie importe à la vertu.
Car l'honnête homme enfin, victime de routrage.
Dans les cachots, près du cercueil.
Relève plus altiers son front et son langage,
Brillants d'un généreux orgueil.
S'il est écrit aux cieux que jamais une épée
N'étincellera dans mes mains; Dans l'encre et l'amertume une autre arme trempée
Peut encor servir les humains.
Justice, vérité, si ma main, si ma bouche,
Si mes pensers les plus secrets Ne froncèrent jamais votre sourcil farouche.
Et si les infômes progrès.
Si la risée atroce, ou, plus atroce injure.
L'encens de hideux scélérats.
Ont pénétré vos cœurs d'une longue blessure.
Sauvez-moi. Conservez un bras Qui lance votre foudre, un amant qui vous venge.
Mourir sans vider mon carquois I Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange
Ces bourreaux barbouilleurs de lois!
Ces vers cadavéreux de la France asservie.
Égorgée 1 ô mon cher trésor, O ma plume, fiel, bile, horreur, dieux de ma vie 1
Par vous seuls je respire encor :
Comme la poix brûlante agitée en ses veines
Ressuscite un flambeau mourant.
Je souffre, mais je vis. Par vous, loin de mes peines,
D*espérance un vaste torrent Me transporte. Sans vous, comme un poison livide.
L'invincible dent du chagrin, Mes amis opprimés, du menteur homicide
Les succès, le sceptre d*airain.
Des bons proscrits par lui la mort ou la ruine,
L'opprobre de subir sa loi.
Tout eût tari ma vie, ou contre ma poitrine
Dirigé mon poignard. Mais quoi!
Nul ne resterait donc pour attendrir l'histoire
Sur tant de justes massacrés 1 Pour consoler leurs fils, leurs veuves, leur mémoire !
Pour que des brigands abhorrés Frémissent aux portraits noirs de leur ressemblance,
Pour descendre jusqu'aux enfers Nouer le triple fouet, le fouet de la vengeance
Déjà levé sur ces pervers I Pour cracher sur leurs noms, pour chanter leur supplice I
Allons, étouffe tes clameurs; Souffre, ô cœur gros de haine, affamé de justice.
Toi, vertu, pleure si je meurs.
Page 3, vers i,
... D'autres lutteront Rhodes... ou Milylène...
HoR. Od. I, vu.
Page 3, vers 2.
Ma Délie, je ne me soucie pas de la louange :
Quand je suis avec toi, qu'on m'appelle lâche et faible...
TiB. 1,1.
Cf. Bertin £/. I, VII, et XII.
Page 3, vers 11.
Permesse, rivière de Bèotie consacrée aux Muses.
Je dois d cette jeune fille mon génie.
Prop. II, I, 3.
Page 4t vers $.
Le Parnasse a deux sommets.
Page 4, vers i8.
Les cygnes sont ici les poètes élégiaques.
Page 5, vers lo.
Jgrigente, ville de Sicile, patrie d'Empèdocle.
Page s, vers 14.- Lebrun disait à Chènier :
... Soit que, de Lucrèce effaçant le grand nom. Assise au char ailé de l'immortel Newton, Ta Minerve se plonge au sein de la nature.
Od. III, IX.
Page 5, vers 26.
Tênare, en Laconie; on y plaçait l'entrée des enfers.
Page 6, vers 4.
Lebrun, L. V, Od. xv.
Page 6, vers $.
Lebrun, L. I, Ep. i.
Page 6, vers 17.
Uranie, muse de l'astronomie.
Page 7, vers i.
Eralo, muse de la poésie lyrique et anacréontique.
Chénier était à Strasbourg.
Page 7, vers 12.
Pandore avait reçu de Jupiter une boîte où tous les maux étaient enfermés. Épiméthée, sa femme, ouvrit le coffret; dès lors les maux se répandirent sur la terre.
Page 8, vers 6.
Horace ditt
Combien de fois l'adolescent pleurera la trahison et h cJuiuge' meut de ses dieux. Avec quel élonuement il verra les Jlols irrités tar les vents noirs, lui dont la crédulité jouit maintenant de ta parole dorée, qui espère toujours en ta fidélité et ton amour, car il ignore que tu clxivges comme le vent,..
Od. I , V.
Page 8, vers 22.
TiBULLH, III, III.
Mais si, pour un retour clx'ri, le ciel écoule favorablement met promesses de sacrifice, les royaumes, le Pactole qui route l'or, toutes les richesses de la terre, me sont indifjérenis.
Page 9, vers 21.
Cynthie, maîtresse de Froperce.
Page 9, vers 22.
ViRG. Egl. X.
Pollion et Varus : le premier était nn orateur et un personnage politique ami de Virgile et d'Horace qui fréquentaient aussi le second.
Page 10, vers 26,
L'épisode de Nisus et Euryale remplit le Chaut neuvième de V Enéide.
250 ŒUVRES d'ANDRÉ DE CHÉNIER
Page 10, vers 28.
Racine, fils de l'auteor du poème de la Religion, petit-fils du tragique.
Page II, vers 2.
Simonide était surnommé « le poète qui excelle à chanter la douleur »•
Page 1 1 , vers 4.
Ascra, en Béotie, patrie d'Hésiode.
Page II, vers 5.
De Brazais avait fait un poème sur l'Année,
Page II, vers 8.
Erigone, fille d'Icarius, se pendit de désespoir à la mort de son père assassiné par des bergers; Jupiter lai donna une place après dans la constellation de la Vierge.
Bavius, ennemi littéraire de Virgile. (Egl. m, 90.)
Page 12, vers 2.
Zoîle, critique d'Homère.
Page 12, vers 2.
Gacon, détracteur de Boileau. Liniêre, « le poète idiot de Senlis ». (Boileau, Ep. vu.)
Que sans ami, sans amante, Un vil Toinard se tourmente Sur son trésor enfoui,
Leb. Od. II, XMH,
Page 12, vers 19.
Lélie, ami de Scipion Emîlien.
Page 12, vers 20.
Nicoclés, roi de Chypre.
Page 12, vers 20.
Phociott, général athénien, força Philippe à abandonner Byzance, fut député vers Alexandre, et vainquit les Macédoniens.
Page 12, vers 23.
Altieus, ami de Cicéron, qui le rendit célèbre par ses lettres.
Page 12, vers 24.
Sulpice, orateur et jurisconsulte du temps de Cicéron.
Page 12, vers 24.
Farron, « le plus savant des Romains ».
Thrase'as, adversaire de Néron, refusa d'assister à l'apothéose de Poppée, fut condamné à mort et se lit ouvrir les veines.
Page 13, vers 9.
Soranus, sans doute un sage stoïcien.
Page 1$, vers 16.
Ma bile alors s'échauffe et je brûle décrire; Et s'il ne m'est permis de le dire au papier, J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier.
Faire dire aux roseaux, par un nouvel organe: Midas, le roi Midas, a dts oreilles d'âne!
BoiLEAu. Sat. IX,
Page i6, vers $.
Le Renard et les raisins. La Fontaine, III, xi.
Page i6, vers 26.
Mes muses sont vagabondes ; elles ne peuvent achever prowptetement un seul projet; elles en font marcher cent d la fois. Elles fout un pied d ce poème et une épaule d celui-ld ; ils boitent tous et ils seront sur pied tous ensemble. Elles les couvent tous d la fois; ils sortiront de la coque d la fois, ils s'envoleront d la fois,
(Lettre d de Fange).
Page i8, vers 16.
Mon imitation n'est point un esclavage.
La Font. £/>. <i l'évêque de Soissons.
Page 20, vers 3.
Es raisons, comparaisons, arguments, si j'en transplante quelqu'un en mon solage et confonds aux miens... je vetix qu'ils donnent une na^arde à Plutarque, sur mon ne^ et qi^ils s'es~ chauldent d injurier Sénèque en moj.
Montaigne.
Page 20.
Muses, fidèles servantes de mes paroles, alle^ soudain saluer Perilla. Ou vous le trouverez en compagnie de sa mère aima, ou au milieu de ses livres et de ses Piérides. En apprenant votrt venue, il abandonnera tout.
Ovide, Tristes. III, vu.
Page 21, vers i.
Lebnin habitait Passy.
Page 21, vers 11 et suivants.
Comment se porte-t-il ? se souvient-il encore de nous ? s'efforcei~il de façonner la lyre latine aux accords du chantre théhain...
Horace. Ep. I, m.
Page 21, vers 27.
Verlumne et Paies, l'un préside aux jardins et aux vergers, l'autre aux troupeaux.
Page 23.
Variation sur le thème de YAurea medîocritas, d'Horace.
SATIRES
Page 28, vers 8.
Midas, roi de Phrygie, qu'Apollon punit de lui avoir préféré Pan en lui donnant des oreilles d'âne.
Page 28, vers 11.
Chartrain désigne Pétion.
354 ŒUVRES d'aNDRÉ DE CHÉNIER
Page 29, vers i.
Fréron dirigea VOrateur du Peuple, et avec C. Desmonlins la Tribune des Patriotes.
Page 29, vers 7.
Corsas dirigea le Patriote; il était député de Paris i la Convention.
Page 29, vers 8.
Durosoy, rédacteur du journal royaliste la Galette de Paris.
Page 29, vers 10.
Manuel, conventionnel parisien.
Page 29, vers 11.
Burhe, orateur anglais, auteur des Réflexions sur la RivO' lution française.
Page 30, vers 10.
Le dieu, poursuivant sa carrière.
Versait des torrents de lumière.
Sur ses obscurs blasphémateurs.
Lefxanc de Pompignak.
Poursuis ta brillante carrière, O dernier astre des Français Ressemble au dieu de la lumière Qui se venge par des bienfaits,
Leb. Od. I, I.
Page 31, vers i.
Seiffer, médedn de la princesse de Lamballe, puis du doc
d*OrIéans, se fit montagnard, fut emprisonne et remis en liberté.
Dans Florence jadis vivait un médecin.
Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin.
BoiLEAU. Art Poét. iv.
Page 32, vers 12.
LMiistoire de Midas se rappelle sans <esse à Chénier.
Page 32, vers 20.
Grand rtmeur aux dépens de ses ongles rongés.
Chénier. Frag.
Page 33, vers 10.
Mesmer et son baquet magnétique.
Page 3S.
Contre les femmes savantes.
Leb. Od.L. III, V, L. VI, m.
Vouîe:^^vous ressembler aux Mutes?
Inspire^, mais n'écrive:^ pas.
et L. V I, X 1 1 . L'encre sied mal aux doigts de rose V Amour n*y trempe pas ses traits,
(Mon dernier mot sur les femmes poêla).
Page 3>, vers 14.
Barère de Vieu^ac, député des Hautes-Pj'rénées à la Convention, directear du Point du Jour.
Page 37, vers 4.
Coulljon, membre du Comité de Salut Public, délégué à Lyon, guillotiné le 10 thermidor 94.
Page 37- Charles IX, de Joseph-Marie Chénier, est le développement de la même idée exprimée dans ce vers :
Des lois et non du sang...
... Oh ose m'accuser!
Moi, jouet si longtemps de leur lâche insolence. Proscrit pour mes discours, proscrit pour mon silence, Seul, attendant la mort, quand leur coupable voix Demandait à grands cris du sang et non des lois.
M.-J. Chénier, la Calomnie.