‹ Œuvres politiquesChapitre 10 sur 19 · XI' LEGION · texte numérisé non relu

XI' LEGION

Citoyens,

Plusieurs denlre vous m'ont engagé à accepler la candidature au grade de colonel. J'ai accepté, parce que j'ai vu dans ces fonctions l'occasion d'accomplir de grands devoirs peut-être périlleux. Le jour est venu où chacun doit se donner sans réserve à tous.

Ma vie passée me dispense de longs discours. Depuis que je me connais, je n'ai cessé de lutter pour la cause que vous venez de faire triompher. République une et indivisible, liberté d'association, liberté des cultes et de conscience, respect à la famille et aux propriétés, droit de vivre en travaillant, avènement de tous à la souveraineté, révolution consommée au profit des masses, tels sont les principes pour lesquels j'ai combattu. Ce sont ceux que protègent nos drapeaux.

F^a garde nationale est le corps où se Ibndenl cl disparaissent toutes les classes : ouvriers, commerçants, artistes, jeunes gens des écoles, nous avons l'ait alliance an milieu <les barricades. Je suis entré avec vous dans le palais du dernier des rois de France, et je vous ai vu fraterniser sur les débris du trône. Que ce moment de concorde se per[)étue pour nous après la victoire! En marchant du même pas dans la liberté et l'égalité, donnons au monde l'exemple d'une République de frères d'armes.

J'en ai dit assez dans nos six réunions pour vous éclairer sur ce qui me concerne ; c'est à vous désormais de décider. Quel que soit votre choix, vous nommerez, j'en suis certain, un homme dont les principes républicains auront été éprouvés par le temps.

Si vous investissez un autre de votre conliance, j'obéirai avec joie; si, au contraire, vous m'appelez à l'honneur de vous commander, ma vie vous appartient. Je suis prêt à veiller avec vous aux libertés de tous et au salut de la République. Désignez-moi, comme vous le voudrez, ma place dans vos rangs; j'y trouverai toujours l'honneur à mes côtés.

l'aris, 21 mars 1818.

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