AUGUSTE, LES MUSES
LES MUSES, chanlanl.
Oui, César, il existe un monde si sublime, Oue nous et les dieux seuls pouvons eu a[)itioelier. Uuaud le [licd d'un mortel eu a touché la cime, Dans nulle route humaine il ne peut plus marcher,
AUGUSTE, endormi.
Eh ! qui donc ètes-vous ?
LES MUSES, chanlant.
Les fdies de Mémoire .
C L 1 G , duintaiit.
Prends {^arde à toi !... J'écrirai ton histoire. Je suis Clic ; la vie est dans ma main.
Montrant CalliopL'.
Voilà ma sœur, la nuise de la gloire.
Prends gai'de à toi !.. . Je te suis en chemin 1
URA.ME, de même.
Je m'appelle Uranie, et ma tète est voilée
Par l'ordre inflexible des dieux. Mon empire est la nuit ; mais ma robe étoilcc
Resplendit des clartés des cieux !
POLYM.ME, d(; mémo.
Vois-tu, César, vois-tu sortir de terre Ces temples, ces palais qui naissent à ma voix ; Vois-tu l'asile obscur, vois-tu l'humljle chaumière Devenir des palais de rois?
KUTERPE, de méiiKj.
Je ne suis pas la musc de la gloire ; Je suis la muse aux doigts dorés.
Je chante, et l'univers conserve k mémoire Des héros par moi consacrés,
CHŒUll DES MUSES.
Oui, César, il existe un monde si sublime, Que nous et les dieux seuls pouvons en approcher. Quand le pied d'un mortel en a touché la cime, Dans nulle route humaine il ne peut plus marcher.
AUGUSTE, se levant.
Arrêtez !...
Les Muses s'arrêtent.
Si du haut des sphères éternelles,
Jupiter vous envoie ainsi.
Do par César, malgré vos ailes, lillcs des dieux, vous resterez ici...
Kn conquérant j'ai traversé la terre,
Paicil au lion irrité.
Si j'ai marché dans ma colère,
Je veux m'asseoir dans ma lierté.
A Clio.
Toi qui des morts recueilles l'héritage,
Puisque tu me suis en chemin.
Je veux te laisser une page Comme jamais n'en a tracé ta nmin.
A Uranie.
Toi, dont le fi ont resplendit sous ce voile. Fille des nuits, lève les yeux, llegarde briller mon étoile ; Je vais l'arrêter dans les cieux.
A rolyiiini( .
Qu'ils sortent donc de la pou&sière.
Ces palais élevés par toi.
J'ai reçu des Roniains luiu ville de pierre, Qu'elle soit de marbre après moi !
Aux autres Muses.
Vous toutes, filles de Mémoire,
Qui dès longtemps me connaissez ; Muses, chantez de nouveaux jours de gloire, Plus grands que ceux que nous avons passés.
.Mes sœurs, chantons de nouveaux jours de gloire, Plus grands que ceux que nous avons passés.
STANCES
SUU LE COiSTLMt l'OM l' AHOC li DE MISS
Voltaire, oiiihre aujLjuslc cl MiprOiiK- Uoi des madrijiaux à la trciiie, Du vennillon et des paniers ' ,Usis ail [lied de la statue, Je me disais : a Qu'est devenue Cette itcnuque à trois l.iiirieis?
0 Corisandres ! me di>ais-je, Mouelies que, sur uu sein de neige, 1/abbé posait du bout du doigt !
Bonnes mar([uises, nos aïeules, Oui, sans être par (rop bégueules, l'iendiez à |)iou ee (pi'oii lui duil !
Va voii>, liéios liap[ics du loitdic, lléla>! — Et deux règnes de poudre, En un demi-siècle elïacés!... »
•JUtiiid, l'autre soir, dans une lèle.
Mon regard tout à coup s'arrête Sur un minois des temps passés!
Mais ce n'était point, ô Voltaire !
Une mouclie de douairière
STANCES
Oui rnvivf^ un œil dt'raillaiit; C'ôtail, l;i plus disorètf mouclie Qui ]iùt effleurer une bouche Plus rose que le lis n'est blanc.
Fine mouche, comme on peut croire,
Qui, pour poser son aile noire,
Entre les roses du jardin,
Avait choisi, comme l'abeille,
La plus fraîche et la plus vermeille
I>e toutes celles du matin.
Reste donc, mouche bienheureuse.
Si cette abeille voyageuse.
Oui, volant jadis, nous dit-on, Entre les hoscpiets de la Grèce, Vint chatouiller la lèvre épaisse Du grand philosophe Platon,
Kùt trouvé, dans l'ombre mi-dosc, (lotte fleur aux feuilles de rose, iju'eùl-t'lle fait que s'arrêter .Sur cette perle d'Angleterre, lièvres ipic le ciel n'a pu faire (hie pour sourire ou pour chanlei ?
EANNE D'AUC
HÉCITATIF.
Je cherche eu vain le repos (jui me liiil.
Mon cœur est plein des douleurs de la Fiance. Jusqu'en ces lieux déserts, dans l'omhre et le silence De la patrie en deuil le malheur nie poursuit, r, iiAM.
Sombre forêt, retraite; solitaire,
Muets témoins de mes secrets ennuis,
A mes regards, de mon pauvre pays
(Cachez du moins la honte et la misère.
Tristes rameaux, si nous sommes vaincus, Cachez le toit de mon vieux père;
Peut-être, hélas! je ne le verrai plus!
r.ÉClTATIF.
Tout repose dans la vallée.