‹ OEuvres posthumesChapitre 31 sur 103 · I.e lâche seul, seigneur, se laisse ainsi trailer · texte numérisé non relu

I.e lâche seul, seigneur, se laisse ainsi trailer

.lusque sous le couteau s'attacliant à la vie,

fl traîne dans le sang sa honteuse agonie,

Rt (piand son pied meurlii sent le froid du londieau.

Se rejette en pleurant dans les bras du bourreau.

Mais un coeur tout à soi, qui dédaigne de vivre,

Menacé de sup|)lice, aisément s'en délivre.

Tout moyen peut servir; mais il court au pins pronipl :

.•^nr le fer qui l'enchaîne il peut briser son front;

l.e pavé des cachots, lesnuus q\ii l'environnent.

Tout recèle la mort; (ju'on les frappe, ils la donnent.

La mort, elle est partout, seigneur, elle est ici.

On'pst-ce donc que la mort?

Montrant son poi^n.nrd.

Kh ! mon Dieu, la voici.

(.F, noi.

Ouel sera Ion asile, el (pic ptétends-lu faire?

h\ SERVANTE DU ROI, 69

FRR DKf.ON DK.

GalsniiKle vous |ti iail. de la lendro à sa inèro,

J'ai la mienne, ^^eigneiir, et je Tirai trouver.

Où commenra ma vie, elle doit s'achever;

Non pas an sein des cours, sur la couche dorée

Où gémit noblement une infante éplorée,

Ni sous le rideau vert des orangers en fleurs,

Invitant au sommeil de royales douleurs ;

Mais au bord des torrents, parmi les rocs arides,

Oij sont encor debout les autels des druides ;

Dans le fond des forêts, vierges de pas humains,

Où n'a point pénétré la hache des Romains.

Il est dans ces déserts une roche isolée :

Là veille avec mes sœurs ma mère désolée.

A leur asile obscur nul sentier ne conduit ;

La forêt les abrite, et la terre est leur lit.

Sur le coteau s'élève un cyprès funéraire ;

Mon père est là saiglant qui dort sous la brUyère;

Ma mère sacrifie à ces restes pieux,

(^ar elle croit encore à nos antiques dieux.

Des monceaux de granit, des chênes séculaires.

Font un vaste rempart à ces lieux solitaires.

Tout est nuit et silence, et le pâtre égaré

Ne marche qu'en tremltlant sous l'ombrage sacré.

Dans ce sombre palais j'ai reçu la naissance.

.l'en suis sortie un jour, le cœur plein d'espérance ;

J'ai voulu voir de près ce que j'osai rêver.

J'ai vu; ma mère attend, je vais la retronver.

Tel sera mon asile.

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