‹ OEuvres posthumesChapitre 77 sur 103 · VAI, BR L · texte numérisé non relu

VAI, BR L

Est-ce que ce n'était pas convenu? Est-ce (|ue la comtesse, par hasard, serait capable de changer de sentiment?

PRÉVAISNES.

Elle? oh! je te réponds que non. Mais est-ce que... véritablement... c'est increvable. ..

A part.

Nous serions-nous trompés?

VALBRUN

Qu'est-ce qne tu vois d'incroyable?

PRÉVAXNES.

Rien du tout, non, rien, c'est (ont simple.

A i)art.

Je n'en reviens pas... après cette visite!...

VALBRUN

Tu as l'air surpris, quoi que tu en dises.

PRÉVAISNES.

Non.

VALBRUN

Si fait, et je comprends pourquoi. C'est ma (roi-

]H ii;i;\ Hi:s I'Ostiii;.mks

iloiii', mon omltarras, (|ni l'oiil somhK' singuliers ce matin.

p 11 K VAN. m: s.

Pas le moins du monde; et qu'importe dès l'in- '^lanf qno tu os décidé? Et tu les tout à fnil ?

VALBKUN.

Je ne eonrois |)as que tu en dont' s.

PIIÉ VAIS NES.

.le n'en doute pas, et je t'en l'élicite.

Il lui prend lu m;iiii

Ainsi, ïlenri, nous sommes cousins... p;ir les (emmes... Cette |)arenté-là en vaut hien une autre... n'est-ce pas?

A part.

Les clioscs étant ainsi... c'est bien étran<ïe... mais enfin... alors... Ce billet n'est plus bon à rien... je vais le reprendre délicatement...

Il rejïiU'de sur la [Mo.

OÙ Tai-je foiirré?

VALBIiUIS.

One clierriies-tn là?

PHÉVANNES.

Ln papier. Veux-tu que je te dise? je croyais vraiment que tu bésitais...

Moi ?

pp. KV A >>'F. S.

Oui.

A p^ul.

OÙ diable l'ai-je mis? Ali! le voilà.

Il v;i )iour If ))ronilrt\

L'AiNE ET LE RUISSEAU. 155

VALBIiO', s'asseyaiit d'un air lri>le.

Ail! si j'ai hésité, tu sais bien pourquoi.

V II É V A ÎN N E s .

Coiiimenl 1

\ A 1, li li u > .

Kh! sans doute, lu eunnais ma vie, lu sais pait'aileinent la raison...

l'HÉVANiNES.

-Moi'.' pas (lu tout!

VA 1 BliU.X.

Ce iatal souvenir...

l'RÉVA^iNES.

Huel souvenir'.'

VALU 11 u^.

Tu le (leuiandes?

l'IiÉVAiNAES.

Bon! voilà madame Darcy. Vas-lu, poin^ la centième fois, m'en raconter la lamentable histoire'.'

VALBRUA.

.Je ne vais pas te la raconter. Tu le moques de tout.

PKÉVAiNiNES.

Non, mais je me moque, si tu le peimets, de madame Darcy.

VALBHUN.

C'est bientôt dit... Si tu la connaissais!

PRÉ VA i\ NES.

Oui, je ferais là une jolie emplette!

VALBHl!>.

Comme tu voudras... je l'ai année. . Hue ce

156 ŒUVltES POSTHUMES.

soil une laule, une sottise, un ridicule, si lu le veux... niais je l'ai aimée, et le mal <|u'elle m'a lait m'el'i'raye malgré moi pour l'avenir... Je crains (l'y retrouver le passé.

l'HÉVAiN.NES.

Eli! laisse donc là le passé! Oui n'a pas le sien? Tu vas être heureux... Commence donc par tout oublier... Est-ce ({ue tu es en cour d'assises pour (pTon te demande tes antécédents? Viens, viens regarder cet album... Il v a un dessin de Marguerite.

VALbUUiN.

Je le connais... Ali! mon ami, si tu savais'.'...

PKÉVANNKS.

Mais tu sais très-bien que je sais...

Teimnl à In main le liillel qu'il a pris.

Ne dirait-on pas qu'il n'y a qu'une iemnio au monde? Madame Darcy t'a fait de la peine, elle a mal agi ; elle t'a planté là, el, qui pis est, elle t'a menti. C'est une vilaine créature. Eli bien ! ai)rès? Vas-tu en faire un épouvantail dont il n'y ait que toi (pii s'effarouclie ? Tu ne te guériras donc jamais (le cet empoisonnement-là?

VALBlilJIN, se levaiil.

Certes, si mon cliaurin pouvait s'adoucir. . si im peu d'espoir me revenait... si je croyais pouvoir oublier... ce serait dans cette maison.

PUÉVAKJNES.

Si tu [»ouvais, si tu croyais... Ah (;à ! lu n'es donc pas décidé?

VALBIïL !S.

Si l'ait : niais je tremble quand j'v pense.

l'KÉ VAN INES, à part.

Je crois (jue je vais remettre mon billet a sa place.

Ilaul.

Mais enfin, oui ou non, la comtesse te plait-elle?

VALBUUiS.

Peu\-tu en douter?- Ce n'est pas plaire (pi'il faut dire ; elle me charme, elle m'enchante. Je ne connais personne au monde qui puisse soutenii' la moindre comparaison...

Pl'.KV AKNES.

Vrai'.'

VALBl'.UN.

Tu ne l'as pas appréciée...

PHÉVAMNES.

Si lait.

VALBUUN.

Tu l'as vue en [)assant, à travers ton étourderie. Avec sa Iranchise, elle a de l'esprit; avec son esprit, elle a du cœur. C'est la grâce et la beauté mêmes... (Juand je la regarde... je vois le bonheur dans ses yeux.

PBÉVAJNINES.

Oue ne lui dis-tu tout cela plutôt ((u'à moi ? Est-ce t[ue tu veux m'épouser'.'

VALBRUN

Tes railleries n'y feront rien.

to8 (KUVIIKS 1'ustiii;mes.

nuÔVANM:s.

Tii l'aimes'.'

V ALBItU^.

Je l'adore.

l'IiKVANMiS.

Kn ce cas-là...

H iiicl le ImIIl-I diiii> j'ii iiotliu.

Elle est ici, à deux |)as, dans sa cliaudnc... Parbleu !... si j'étais à ta place...

VAI.BIllN, se rasseviiiil.

Je voudrais bien être à la tienne. Ali ! tn es heureux, tu épouses Marj^uerite... tandisque moi...

PlîKVAISNES, à pari.

Voilà le vent qui tourne.

H:uil.

J'épouse Marguerite... je n'en sais lien.

VAI.BIUN.

.\on?

l'HKVANrsES.

Non.

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