‹ OEuvres posthumesChapitre 85 sur 103 · SCÈNE XU MARGUERITE, .euie; puis PRÊVANNES · texte numérisé non relu

SCÈNE XU MARGUERITE, .euie; puis PRÊVANNES

MA ik;ue(uti;.

Il s'en va tout de hon, comme un lunenx. l'auvre baron de Valbrun ! Il est peut-être à plaindre... Mais il est trop comique avec son désespoir... et ses offres... Ah ! c'est incioyahle !...

PRÉVANNES, à part.

Voilà donc cette petite rebelle, qui s'avise aussi triiésiter, dit-on. Elle est bien gaie, à ce qu'il

ltt« iKUVKES l'OSTIIUMES.

soinhlc... l'aihleii 1 il l'aiidra ()ircllc |iarl(! aii.ssi.

Ihiul.

(Jii'esl-ce donc? (|iri'sl-cc (|iii se j)as.s(;? Vous des hicn joyeuse, inadeinoisellc... Marguorile, (|iie vous riez ainsi toute seide.

MAiiGi El! rn:.

« fjue vous riez ainsi.,, » Voilà encore de vos lonmures de phrase à aile de pigeon. Quand apprendrez-vous rortliogra|)he7... (Juand d(tne vous déniar(|niscrcz-vous ?

Je m' jieiix pas, c'est la tante de mon |ȏre; mais vous, |)c-tite marquise i'uture, en bon gaulois .Margot, de (pioi vous gaussez-vous '.'

MAIÎGUEIUTE.

Je ne peux [)as me tâcher, j'ai encore tro|) envie de rire. C'est M. de Valbrun qui sort d'ici...

IMÎKVANNES.

Kli bien'.'

MAUGUEItl I t.

Il m'a montré une lettre...

PliÊVA.NJiLS.

I ne lettre?

M A KG i; El; ri !..

Signée de votre nom... l'oil malliuimele, cela va sans dire... une lettre écrite à ma cousine...

PKÉVA> '^ES.

Eh bien'.'...

A ii:irl.

Vovoiis un peu cela.

L'ANE ET LE KUJSbEAl. ItiO

Haiil.

Je iR' i^ais ce que vous voulez dire.

-MAI! gui: lilTK.

Jouez donc l'ignorance à votre tour !... Vous ne m'aviez pas prévenue, c'est mal ; mais ce n'en est '|ue pins drôle ; votre plaisanterie a réussi... on ne peut p:is mienx... elle est cruelle... mais je comprends... iigurez-vous qu'il est... exaspéré! P H É V A > N E s .

Véritablement?

MAUGLElllTE.

(Un, il vous cherche... Oh! il faudra (|uc vou^ hii rendiez raison!

IMltVAiNiNES.

Kst-ce toutV

MARGUEIUTE.

Lion ! c'est bien antre chose encore. \ Ous ctes à ses yeux le plus déloyal des marquis, et ma belle cousine, la plus perfide des comtesses ! Il renonce à tout, il nous abandonne... il veut vous tuer, et m'épouser.

l'KEVAiMNES.

Vous épouser... lui-même?

Oui, monsieur.

IMîEVANNES.

Il faut (juil soit bien en colère!.. . Kt qu'avezvous répondu à cela 7

MARGLERITE.

Je n'ai fait que rire... je n'y tenais plus.

170 ii;UVIlL.S [MJSTIIUMES.

Je ne vois rien là de si gai.

MAliGUEniTt.

(Ju est-ce que vous dites ?

l'HÉVANWES.

Il est làclieux qu'il vous ait montré cette lettre. Mais, puisque tout est découvert... si le mal est lait...

MAïua EitiTi;.

Ouoi donc 1

l'HEVA.NNhS.

H me tuera, s'il peut, et il vous épousera s'il veut.

Ah ! c'est là votre sentiment 7

PRÉVANNKS.

Que voulez-vous! si j'aime votre cousine, ce n'est pas ma faute; c'était un secret. Vous ne m'aimez pas...

M AliGUKKlTE.

Et vous'.'

im;éva.\kes.

Moi. cela me regarde. Tout cela est l'àcheux, très-fa cheux.

M AliGLEKITE.

Ah 1 cà, parlez-vous sérieusement ou cunlinuczvous votre méchante plaisanterie ?

I' HÉ VAN NE s.

Je la continue... sérieusement.

L'ANE ET LE RUISSEXi;. !7I

MARGUERITE

Vous aimez ma cousine?

prévann;:s.

Oui, (]e tout mon cœur.

MARGUERITE

Vous voulez l'épouser?

DSÉVAKNES.

Pourquoi pas?

MARGUERITE

Eli bien, monsieur, je suis fàchép de vous le (lire, mais...

PRÉ VANNES

Qu'est-ce donc?

Je n'en crois rien.

PRÉVANNES

Vous n'en crovez rien ?

MARGUERITE

Xon : vous n'èles pas aussi teroce ((ue vous le dites.

PRÉVAiSNES.

J'admire combien les petiles filles...

MARGUERITE

Monsieur !

PRÉVANNES

Combien les jeunes personnes, veux-je dire, se croient aisément sûres de nous. Elles le sont, vraiment, plus que d'elles-mêmes.

MARGUERITE

Fins que dVlles-mèmes?

17*2 iIUVRES POSTHUMES.

PHKVANNES.

\]\\ ! sans (lonic. On les prendrait, à les enlen- (Irc, pour (les prodiges de pénélration, et, |»i»ni I l'ois mois de j)fdil('sse, les voilà (pii perdeni hi le te.

MARGUERITK.

Si VOUS ne voulez que m'inipalienter, vous commencez h réussir.

Pr.KVANNKS-.

•l'en serais désolé, madciuoiselle, et de peiu' (juc eela n'arrive, je me retire.

Il feint (le s'en aller.

MAHGUKRlTi:, à pnrt.

Est-ce qu'il j)arlerait tout de lion? (ii;iiii.) Monsieur de Prévannes !

PUÉ VAN NE s.

Mademoiselle?

M A li 0 u E ni T i: .

Vous épousez... sérieusement... mn eolisine '

PRÉVANNES

Oui, mademoiselle.

MARGUERITE

(."royez-vous que je m'en soucie '1

PRÉVANNES

,1e ne dis ])as cela.

M AliGIIERITE.

.le m'en moque fort.

P p. K VAN NFS.

Je n'en doute pas.

MAKGFF.RITE.

^*'on ; vous supposiez (pic cotte nouvelle allait me désoler.

Point (lu tout.

MARGUERITE

(Jue je vous ferais des reproches.

PRÉVANINES.

En aucune façon.

MARGUERITr:.

(jue Je vous regretterais... que je m'affligerais. ..

Près de pleurer.

(Jue je pleurerais peut-être...

PRÉ VAIS NE s, il \Y,\\\.

0 riell...

ILiut.

Ma chère Marguerite...

MAP.GUERITE

Il n'y a |)lus de Marguerite ni de Margot... Oui, vous le croyiez... vous l'espériez.

Prévannos veut lui preinlrc In ruiiiu; illc l.i rrlire iirus-queuient.

Non, je ne vous dirai rien, je ne vous reprocherai rien, mais c'est une infamie!

PRÉVANNES

Mademoiselle...

C'est une lâcheté ! Ou vous mentez en ce moment, ou vous m'avez toujours trompée. Vous dites

là.

17i IKIVHES POSTHUMES.

(|ii(' je 110 VOUS aiino |)Hs.(îu'eii savez-vons? Jo vous lionvc plaisant (fdser décider là-dessus ! l' It K V A >' N 1. s .

Ecoutez-moi.

MAUGUKItITE.

Je ne veux rien entendre. Mais, s'il vous resic encore dans l'âme une apparence d'honnêteté , vous aurez plus de regrets que moi ; car vous saurez que vous m'avez mal jugée, (pie vous vous trompiez gauchement en me croyant indiflérentc, que je suis loin de l'être, et que je...

SCKNE XIII

Page 1