SCÈNE XU MARGUERITE, .euie; puis PRÊVANNES
MA ik;ue(uti;.
Il s'en va tout de hon, comme un lunenx. l'auvre baron de Valbrun ! Il est peut-être à plaindre... Mais il est trop comique avec son désespoir... et ses offres... Ah ! c'est incioyahle !...
PRÉVANNES, à part.
Voilà donc cette petite rebelle, qui s'avise aussi triiésiter, dit-on. Elle est bien gaie, à ce qu'il
ltt« iKUVKES l'OSTIIUMES.
soinhlc... l'aihleii 1 il l'aiidra ()ircllc |iarl(! aii.ssi.
Ihiul.
(Jii'esl-ce donc? (|iri'sl-cc (|iii se j)as.s(;? Vous des hicn joyeuse, inadeinoisellc... Marguorile, (|iie vous riez ainsi toute seide.
MAiiGi El! rn:.
« fjue vous riez ainsi.,, » Voilà encore de vos lonmures de phrase à aile de pigeon. Quand apprendrez-vous rortliogra|)he7... (Juand d(tne vous déniar(|niscrcz-vous ?
Je m' jieiix pas, c'est la tante de mon |ȏre; mais vous, |)c-tite marquise i'uture, en bon gaulois .Margot, de (pioi vous gaussez-vous '.'
MAIÎGUEIUTE.
Je ne peux [)as me tâcher, j'ai encore tro|) envie de rire. C'est M. de Valbrun qui sort d'ici...
IMÎKVANNES.
Kli bien'.'
MAUGUEItl I t.
Il m'a montré une lettre...
PliÊVA.NJiLS.
I ne lettre?
M A KG i; El; ri !..
Signée de votre nom... l'oil malliuimele, cela va sans dire... une lettre écrite à ma cousine...
PKÉVA> '^ES.
Eh bien'.'...
A ii:irl.
Vovoiis un peu cela.
L'ANE ET LE KUJSbEAl. ItiO
Haiil.
Je iR' i^ais ce que vous voulez dire.
-MAI! gui: lilTK.
Jouez donc l'ignorance à votre tour !... Vous ne m'aviez pas prévenue, c'est mal ; mais ce n'en est '|ue pins drôle ; votre plaisanterie a réussi... on ne peut p:is mienx... elle est cruelle... mais je comprends... iigurez-vous qu'il est... exaspéré! P H É V A > N E s .
Véritablement?
MAUGLElllTE.
(Un, il vous cherche... Oh! il faudra (|uc vou^ hii rendiez raison!
IMltVAiNiNES.
Kst-ce toutV
MARGUEIUTE.
Lion ! c'est bien antre chose encore. \ Ous ctes à ses yeux le plus déloyal des marquis, et ma belle cousine, la plus perfide des comtesses ! Il renonce à tout, il nous abandonne... il veut vous tuer, et m'épouser.
l'KEVAiMNES.
Vous épouser... lui-même?
Oui, monsieur.
IMîEVANNES.
Il faut (juil soit bien en colère!.. . Kt qu'avezvous répondu à cela 7
MARGLERITE.
Je n'ai fait que rire... je n'y tenais plus.
170 ii;UVIlL.S [MJSTIIUMES.
Je ne vois rien là de si gai.
MAliGUEniTt.
(Ju est-ce que vous dites ?
l'HÉVANWES.
Il est làclieux qu'il vous ait montré cette lettre. Mais, puisque tout est découvert... si le mal est lait...
MAïua EitiTi;.
Ouoi donc 1
l'HEVA.NNhS.
H me tuera, s'il peut, et il vous épousera s'il veut.
Ah ! c'est là votre sentiment 7
PRÉVANNKS.
Que voulez-vous! si j'aime votre cousine, ce n'est pas ma faute; c'était un secret. Vous ne m'aimez pas...
M AliGUKKlTE.
Et vous'.'
im;éva.\kes.
Moi. cela me regarde. Tout cela est l'àcheux, très-fa cheux.
M AliGLEKITE.
Ah 1 cà, parlez-vous sérieusement ou cunlinuczvous votre méchante plaisanterie ?
I' HÉ VAN NE s.
Je la continue... sérieusement.
L'ANE ET LE RUISSEXi;. !7I
MARGUERITE
Vous aimez ma cousine?
prévann;:s.
Oui, (]e tout mon cœur.
MARGUERITE
Vous voulez l'épouser?
DSÉVAKNES.
Pourquoi pas?
MARGUERITE
Eli bien, monsieur, je suis fàchép de vous le (lire, mais...
PRÉ VANNES
Qu'est-ce donc?
Je n'en crois rien.
PRÉVANNES
Vous n'en crovez rien ?
MARGUERITE
Xon : vous n'èles pas aussi teroce ((ue vous le dites.
PRÉVAiSNES.
J'admire combien les petiles filles...
MARGUERITE
Monsieur !
PRÉVANNES
Combien les jeunes personnes, veux-je dire, se croient aisément sûres de nous. Elles le sont, vraiment, plus que d'elles-mêmes.
MARGUERITE
Fins que dVlles-mèmes?
17*2 iIUVRES POSTHUMES.
PHKVANNES.
\]\\ ! sans (lonic. On les prendrait, à les enlen- (Irc, pour (les prodiges de pénélration, et, |»i»ni I l'ois mois de j)fdil('sse, les voilà (pii perdeni hi le te.
MARGUERITK.
Si VOUS ne voulez que m'inipalienter, vous commencez h réussir.
Pr.KVANNKS-.
•l'en serais désolé, madciuoiselle, et de peiu' (juc eela n'arrive, je me retire.
Il feint (le s'en aller.
MAHGUKRlTi:, à pnrt.
Est-ce qu'il j)arlerait tout de lion? (ii;iiii.) Monsieur de Prévannes !
PUÉ VAN NE s.
Mademoiselle?
M A li 0 u E ni T i: .
Vous épousez... sérieusement... mn eolisine '
PRÉVANNES
Oui, mademoiselle.
MARGUERITE
(."royez-vous que je m'en soucie '1
PRÉVANNES
,1e ne dis ])as cela.
M AliGIIERITE.
.le m'en moque fort.
P p. K VAN NFS.
Je n'en doute pas.
MAKGFF.RITE.
^*'on ; vous supposiez (pic cotte nouvelle allait me désoler.
Point (lu tout.
MARGUERITE
(Jue je vous ferais des reproches.
PRÉVANINES.
En aucune façon.
MARGUERITr:.
(jue Je vous regretterais... que je m'affligerais. ..
Près de pleurer.
(Jue je pleurerais peut-être...
PRÉ VAIS NE s, il \Y,\\\.
0 riell...
ILiut.
Ma chère Marguerite...
MAP.GUERITE
Il n'y a |)lus de Marguerite ni de Margot... Oui, vous le croyiez... vous l'espériez.
Prévannos veut lui preinlrc In ruiiiu; illc l.i rrlire iirus-queuient.
Non, je ne vous dirai rien, je ne vous reprocherai rien, mais c'est une infamie!
PRÉVANNES
Mademoiselle...
C'est une lâcheté ! Ou vous mentez en ce moment, ou vous m'avez toujours trompée. Vous dites
là.
17i IKIVHES POSTHUMES.
(|ii(' je 110 VOUS aiino |)Hs.(îu'eii savez-vons? Jo vous lionvc plaisant (fdser décider là-dessus ! l' It K V A >' N 1. s .
Ecoutez-moi.
MAUGUKItITE.
Je ne veux rien entendre. Mais, s'il vous resic encore dans l'âme une apparence d'honnêteté , vous aurez plus de regrets que moi ; car vous saurez que vous m'avez mal jugée, (pie vous vous trompiez gauchement en me croyant indiflérentc, que je suis loin de l'être, et que je...
SCKNE XIII