‹ OEuvres posthumesChapitre 86 sur 103 · LES MÈMKS, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LES MÈMKS, LA COMTESSE

LA COMTESSE, une Icllro à la ni.Tin.

Vous voilà ici, monsieur de Prévannes? El je vois Marguerite tout émue.

MARQUE lilTi:.

Moi, ma cousine? Pas le moins dn monde.

LA COMTESSE

Est-ce encore quelque nouvelle ruse, (picicpie épreuve de votre l'aron ? Filles vous i-éussissent à merveille !... Tenez, je rerois celte lettre à l'instant.

PUÉ VANNES, lisiinl.

« Il n'était pas nécessaire, madame, de prendre

1/AISK F/r (,E RUISSEAU. 175

« la poiiio (le feiiulro avoc moi. Vous ne ino revei- « rez de ma vie, cl vous u'auro/ jamais à vous « plaindre... »

LA COMTESSE

Qu'en pensez-vous?

(lue se passe-t-il donc?

LA COMTESSE

Tu le sauras. Eli bien, monsieur'

P R K V A N iN E s .

Eh bien, madame, je trouve cela |)arfait. « Vous n'aurez jamais à vous plaindre... » C'est tout à fait honnête et modéré.

LA COMTESSE

Vraiment! votre sang-froid me charme. Avezvous encore là -dessus quelque théorie à votre usage? Vous le voyez, ^1. de Valhrun n'a cru que trop facilement à votre lettre supposée, et, grâce à vos belles roueries, comme vous les appelez, je perds non-seulement l'amoiu', mais l'estime du seul homme que j'aime.

M A HO l EH I TE, à Prûvaiines.

Comment! monsieur, vous me trompiez tout à l'heure? Rien n'était vrai dans tout ceci? Vous vous êtes joué de moi coiume d'un enfant?... Allez, c'est une indignité!

PRÉVANNES

Oui, oui, c'est une indignité; mais, movennani (^ela, vous m'avez avou<''.,.

176 iKUVRES l'osTllll.MKS.

M A it r. r i: u i t r: .

.Ir 110 Piii pas dil.

p 11 K VAN m: s.

\on, mais je l'ai ciitcndn.

A la comtesse.

Maflame, M"'' Marf^uoiito et moi , nous nous sommes enfin expliqués ensemble, ol rions sommes parfaitement d'acconl.

MARfiir.iuTi:.

Moins (juo jamais. J'étais font à l'heure comme If haron ; maintenant je suis comme ma cousine. Jamais je no vous pardonnerai.

PRÉVANNES

Vous me pardonnerez plus que vous ne pensez.

LA COMTESSE

Il n'est |)lns temps de jilaisanter, monsieur de Prévannes, j'attends de vous une démarche nécessaire. Vous ave/ cansf- loiil le mal, c'est à vous de • le réparer.

IMIKVANNES.

Sùiemeiil, madame, snremenl. One l'ant-il l'aire, s'il v(Mis ])laîl ?

LA COMTESSE

Vous le demande/? M. de Valhrun a le droit de m'accuser de porlidic ; il faut le désahiiscr avant tout.

iMîÉVA >m:s.

Oui, madame.

MM cri I! ni..

Mais tout de suite.

PRKVANISF.S.

"Oui, mademoiselle.

LA COMTESSE

Il faut (lire loulo la vérité, diit-elle me compromettre moi-même.

MARGUERITE

Oui, Jùt-elle nous compromettre.

PRÉVANNES

Fort l)ien, je vous compromettrai,

LA COMTESSE

Voyez, monsieur, voyez à quels dangers m'expose votre légèreté ! Même en ne me trouvant pas coupable, que va penser de moi iM. de Valbrun '.' Quelle faute vous m'avez fait commettre ! J'en dois sans doute accuser ma faiblesse ; elle a été bien grande, elle est inexcusable ; mais, sans vos malbeureux conseils. Dieu m'est témoin que l'idée du mensonge n'aurait jamais approché de moi.

PRÉVANNES

.l'on suis tout à fait convaincu.

Voyez, monsieur, à (juoi sert de mentir !

PRÉVANNES

.le suis confondu ; ne m'accablez pas.

LA COMTESSE

Eb bien! monsieur, qu'attendez-vous?

PRÉVANNES

Pour(|uoi faire, madame?

LA COMTESSE

Ouoi ! n'est-ce pas dit? Aller chez M. de Valbrun.

178 (FUVRRS POSTHliMES.

PIIÉVANNES.

C'est inutile, je ne le trouverais pas.

LA COMTESSE

Pour ([uelle raison?

IMÎÉVANNES.

Parce qu'il va venir.

I,A COMTESSE

Perdez-vous l'esprit? et cette lollrc?

PIIÉVANNES..

C'est justement d'après cette loflro rpie je l'nltends.

H me jure qu'il ne me reverra jamais.

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