‹ Œuvres posthumesChapitre 10 sur 89 · A MONSIEUR LE COMTE DAYEX · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE COMTE DAYEX

sur son retour de la campagne de Flandres.

près avoir bien menacé.

Enfin le Hollandois s'est montré le plus sage^ Comte, et son flegme trop sensé Choque votre jeune courage.

Vous condamnez avec chaleur Ce froid glacé du Nord aussi lent que superbe. Ce froid qui fait sécher en herbe Les moissons de votre valeur.

Cette gloire qu'on vous dérobe -Vlloit à votre ardeur li-sTer tous ses attraits , Et vous la suiviez de si près , Que vous lui touchiez à la robe.

Ainsi l'amoureux Apollon , .aspirant aux douceurs d'un furtif hyménée , Dans un délicieux vallon Com'oit la fille de Renée.

Déjà ses sens d'aise ravis Méditoient des plaisirs qu'on vous laisse à comprendre; Il ne falloit , à son a^'is, Qu'allonger sa main pour les prendre.

0 ciell qu'il fut déconcerté.

Quand cet emportement qui le rendoit agile ,

Au lieu d'une tendre beauté.

N'embrasse qu'un arbre stérile!

Mon parallèle en certain cas Manque d'exactitude et n'est pas bien fidèle. Car Daphné passoit pour pucelle.

Et la Hollande ne l'est pas.

On vit sa fierté désarmée Adorer un héros qui n'eut jamais d'égal ; Elle se défendit si mal Qu'elle en flétrit sa renommée.

Après cet auguste vainqueur, A briguer des faveurs on trouve de la gloire , Et ses restes feroient bonneur Aux plus grands hommes de l'histoire.

Consolez-vous du contre-temps.

Si la belle vous fuit et vous fait trop attendre ; Peut-être au retour du printemps La forcerez-vous à se rendre.

Attendant ces heureux moments Où l'amour à vos vœux doit livrer la fortime , On ose à vos empressements Ofl'rir neuf maîtresses pour une.

Consentez à vous régaler Des eaux que l'Hélicon vous offre à pleine coupe C'est un assez bon pis-aller, Que les caresses de sa troupe.

Pendant la saison des frimas, Des plaisirs enjoués écoutez le langage :

Ils VOUS avertissent tout bas

Du tribut que leur doit votre âge.

Plus vieux que vous et moius touché Des soucis d'un grand cœur que la vertu possède, Achille étoit encore caché Dans le sérail de Lycomède.

Mais quoi ! je vous entends frémir D'un conseil qui voudroit assoupir votre audace : Non ! les exploits de votre race Ne vous laisseront point dormir.

Eh bien ! comte, que faut-il faire Pour mieux vous conseiller suivant votre intérêt ? Méditez votre illustre père Poiu' devenir tout ce qu'il est.

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