MARS ET VÉNUS
MAHS.
e suis prêt à partir pour courir les hasards . , .>^ Qui consacrent les noms à l'illustre mémoire: wi' t%'' ^'^'J^ ^^ bruit ^errier s'entend de toutes parts, "^ "5^2;:^ Déjà l'intrépide Victoire Rassemble sous mes étendards La Force et la Valeiu-, la Fortune et la Gloire. Je pars, et toutefois, dans cet éloignement,
Je ne vois rien en vous , déesse , Qui flatte de mon cœur le rigoureux tourment; Les Grâces n'ont jamais avec tant de justesse Réglé votre coiffure et votre ajustement. Il n'est dans vos regards ni langueur, ni tristesse.
Certain air de contentement, Qui donne à votre teint un nouvel agrément ,
Alarme ma délicatesse.
Enfin , dans ce moment où mes tristes adieux
Vous sont garants de l'excès de ma flamme , Les volages amours , en désertant votre àme , Viennent à contre-temps m'insulter dans vos î"eux.
Dialogues
La campagne prochaine , où votre gloire est sûre , Doit à votre valeur de grands événements ,
Et ce seroit vous faire injure
Que d'aller par un triste augure
En troubler les commencements.
Pourrois-je m'effrayer d'une vaine chimère?
Pourrois-je redouter pour vous
La cnielle atteinte des coups
De quelque mortel téméraire?
Non : les dieux jusque-là ne sont plus avilis;
Ce sont contes ensevelis
Dans le poudreux tombeau d'Homère.
Le sort dans les combats , autrefois incertain ,
Est fixé par votre prudence Depuis qu'un choix heureux vous attache au destii
De la victorieuse France.
Cruelle, est-ce pour m'accabler
Que vous me tenez ce langage?
Depuis quand mon lâche courage Conçoit-il des périls qui le fassent trembler? Ah! tirez des enfers les enfants de la terre,
Croissez leur troupe de moitié ,
Et, sans le secours du tonnerre.
Mettez-moi seul des dieux pour soutenir leur guerre Vous verrez si je cherche à vous faire pitié. Mais, hélas! contre vous ai-je quelque défense? Mon triste cœur gémit en quittant vos appas ;
Il brave l'horreur des combats ,
Il cède à l'horreur de l'absence ,
Et j'iittendrois tranquillement
DES Dieux.
L'effort du revers le plus rude , Si votre cœur en ce moment , Pour le sort du guerrier exempt d'inquiétude , Plaignoit le destin de l'amant.
0 modèle parfait d'mie rare constance !
Qui ne vous plaindroit pas auroit le cœur bien dur.
Vous qu'un excès d'amour si fidèle , si pur,
Met aux abois pour une absence.
Quand je ne lirois pas au fond de votre cœur. Vos chers guerriers françois me le feroient connoitre; Toujours du courtisan le procédé flatteur
Le fit ardent imitateur
De tous les défauts de son maitre.
Qu'un cavalier françois se rende à son devoir, On ne peut l'airacher d'auprès de sa maîtresse. Larmes, emportements, Idasphèmes, désespoir,
Rien ne suffit à sa tendresse; Quand la nuit disparoit, il croit avoir rêvé; L'aurore en vain du jour vient (luvrir les barrières,
Vainement le soleil levé Oilusque ses regards de brillantes lumières.
Son adieu n'est point achevé.
Et ses clievaux sur le pavé
Attendent quatre heures entières.
On l'avertit enfin d'éviter le fracas,
Et la confidente fidèle
Le tirant vingt fois par le bras,
Demi-mort on le met en selle. Qui ne croiroit dans peu voir sous un tel ennui
Succomber sa force abattue ?
A peine a-t-il tourné le premier coin de rue Que son léger amour s'est échappé de lui
2 12 Dialogues
L'entretien d'un ami qui badine ou qui chante
Le fait rougir de ses douleurs.
Et les ris enroués de ses perfides pleurs
Prennent la place encor fumante.
Si de quelques faveurs on s'est à lui fié , La première beauté les emporte d'emblée; Portraits, bagires, billets, tout est sacrifié
Au premier quartier d'assemblée.
Il croit qu'un long éloignement
Met à couvert sa perfidie ,
Tout prêt , au premier mouvement , D'aller jouer ailleurs la même comédie.
Tout prêt à piodigxrer, en léger papillon, A ceirt diverses fleurs le baiser le plus tendre,
Et porter aux dames de Flandre
Les dépouilles du Roussillon.
Voilà de vos héros la siucère conduite; Ce sont là vos leçons : ils les pratiquent tous; Par là de votre ardeur je me crois trop instruite,
Par eux mon cœur juge de vous.
Je ne répondrai point à vos sanglants reproches, )
Tout fondé fpre je suis sur mille bons endroits; j
Je pourrois attendrir les roches |
Si je donnois l'essor à mes justes regi'ets. Un grand fonds de respect que pour vous je conserve ile fait sans murmurer souffrir l'oppiession. Je ne veux près de vous qu'aucun moyeu me serve
Que ma seule soumission.
Je pourrois cependant, sans recourir aux fables,
Alléguer des faits innombrables.
Et lorsque j'affroutois des dangers infinis,
DES Dieux. 2i3
Vous n'avez poiut manqué , ni vous ni vos semblables , Ni d'Ancbisc ni d'Adonis.