ARGUMENT
e roi ayant résolu de passer à Versailles le caruaral de Tamiée i683 , voulut désabuser tonte la cour de l'injuste prévention où elle étoit que l'hiver y fût plus fâcheux qu'ailleurs; et sachant que les plaisirs de cette saison, en quelque endroit oh on la passe, ne dépendent que de Vindnsti-ie que l'on a de se les procurer, on donna quantité de divertissements , qui firent convenir toute la France que jamais on n'avoit passé d'hiver plus agréable, ilais le plaisir de tous qui parut le plus nouveau fut celui d'une assemblée qui se faisoit trois fois la semaine dans les grands appartements, où Leurs Majestés se rendoient avec leur superbe cour. Les dames surtout s'y faisoient voir extrêmement parées. Là nos maîtres paroissoient avoir déposé leur grandeur, et donnoient dans ces lieux délicieux toute honnête liberté.
On y jouoit à toute sorte de jenx, soit de hasard ou de commerce. On y faisoit conversation avec le beau sexe, on s'y promenoit de chambre en chambre , avec la liberté d'admirer à loisir cet amas prodigieux de meubles magnifiques et de précieux flambeaux, éclairés par un million de bougies.
Ceux qui n'avoient rien d'affecté pour leur divertissement s'y donnoient les autres en spectacle , et ce n' étoit pas le moins réjouissant de tous.
n y avoit quatre grands buffets , dans un salon, chargés de toute sorte de rafraîchissements, o'u tout le monde étoit bien reçu et servi diligemment selon son goût.
Enfin, quelque fois, les d.imes dansoient dans les chambres du trOne, où il y avoit toujours de la musique et souvent des pièces de quelque nouvelle invention. Celle-ci fut composée h dessein d'entrer dans les ornements de la fête royale.