RÉFLEXÎONS SUR LA TAXE DES TRAITANTS
stances libres.
ous ne vous trompez yaS, espérances conçues D'une charmante paix : [haits
^'^i Déjà nous apprenons qu'au gré de nos sou- Louis fait rendre goi'ge aux publiques sang- En vain ce grand législateur, [sues.
Pour rendre à ses États une sage alioudance,
De son peuple dissipateur Avoit par ses édits modéré la dépense ; Si son attention sur les gens de finance
N'eût par un retour sérieux De tant d'exactions dévoilé les mysttiesj On eût vu tous les jours un luxe ingénieux Éluder ses lois somptuaiies.
Déjà les magasins de glaces épuisés A leurs appartements ne suffisoient qu'à peine. La Chine et le Japon manquoient Je porcelaine, Et dans leur antichambi'e on voyoit méprisé Le coloris lombard et la teinte romaine. Téniers et les Flamands occupoient le haut bou
Leur manière sèche et petite
Se faisoit admirer partout.
Et par un fastueux dégoût Le prix insolemment contrastoit au mérite.
Quand le vainqueur industrieux De la puissante Babylone
244 Satiues.
S'ouvrit avec le fer le chemia de son trône, L'Euphrate suspendit ses progrès glorieux. De ses flots mutinés l'amas prodigieux Ralentit quelque temps l'aile de la Victoire;
Mais actif et laborieux Cyrus d'un trait iUustre ennoblit son histoire:
11 divisa la masse de ces eaux Dont l'Euphrate à sa- gloire opposoit ses barrières. Et fit en peu de jours, par d'immenses travaux.
De la plus fière des rivières
Un nombre immense de ruisseaux.
Louis, dont les exploits serviront de matière
A l'imitation des héros à venir.
Ne dédaignez pas la lumière Qu'à vos justes projets l'exemple peut fournir. Cn torrent furieux, formé par les rapines. Par les vents de l'orgueil chaque jour grossissant. Menace en pleine paix votre État florissant. Prêt à l'ensevelir sous ses vastes ruines. Percez de cent canaux ses flancs audacieux ,
Et que sa masse divisée
D'une salutaire rosée Humecte abondamment les plus arides lieux.
Si l'effort menaçant d'une guerre étrairgèrc
A pu par d'inflexibles lois
Contraindre le meilleur des rois D'exiger des secours plus grands qu'à l'ordinaire. On n'a point murmuré contre mi mal nécessaire; Mais qui poirvoit soutfrir que la concussion.
Par sa cruelle extension
De l'ordre le plus supportable.
D'une manière impitoyable
Chargeât sur notre affliction?
Satires. 245
Rentrez dans le trésor, dépouilles des provinces:
Le plus équitable des princes A vous restituer force vos ravisseurs.
De vos exactions recevez le supplice,
Inexorables oppresseurs; Nous croyons qu'on nous rend les biens dont la justice
Prive d'indignes possesseurs.
Nous ne verrons donc plus dans la reine des villes Les traitants s'applaudir d'un bien si mal gagné, Ni de leurs cbars dorés les fêtes inci\ales Ranger contre les murs le guerrier indigné.
De leurs maisons enjolivées.
Leurs femmes rentreront dans quelque vieux taudis,
Et reprendront la serge et le cadis Oti leurs parents obscurs les avoient élevées. Elles n'oseront plus, à l'abri d'un portier.
Faire révolter en cachette
Les coquettes de leur quartier
Contre l'édit de la bassette.
0 roi digne d'être adoré, Contre les vices déclaré, Louis, entretenez une immortelle guerre.
Puissent nos destins fortunés Ne vous demander à la terre Qu'ils ne soient tous exterminés.