‹ Œuvres posthumesChapitre 43 sur 89 · SCÈNE SECONDE · texte numérisé non relu

SCÈNE SECONDE

Le Jeu , La Conversation.

LE JEU

Séparons-nous avant qu'avoir querelle.

Nous en prenons assez le train.

LA CONVERSATION

Est-ce chose nouvelle.

De voir le Jeu chagrin ?

LE JEU

Prétendez- vous que j'endure Votre fatigant caquet?

Quaud je mets à l'aventure La s'àbstance la plus pure Que produise la nature, Puis-je souffrir sans murmure Le babil d'un perroquet Et ce procédé coquet

aSa Les Plaisirs.

Qui me rompt toute mesure ?

Quaud ma boxu'se à la torture Pousse le dernier hoquet, Préteuilcz-vous que j'endure Votre fatigant caquet?

LA COSVERSATIOIT.

Ingrat ! qu'osez-vous dire ?

Attendois-je de vous de tels remercîments ? Sans ma vertu^ quel dieu pourroit suffire A régler vos empoiiements ?

LE JEU

Votre vertu sévère Est dans un grand crédit.' Mais par malheur, des tom-s que vous m'avez fait faire On a pénétré le mystère; Écoutez ce que l'on en dit :

Souvent à la tendresse Le jeu fait un chemin; L'amant avec adresse.

Les cartes à la main, En conte à sa maîtresse.

De mille heureux moments Cette feinte est la source, Et le jeu des amants N'en veut point à la bourse.

LA CONVERSATION

C'est Lien le prendre, en vérité; On doit vous pardomier cette déhcatesse. Vous que la bonne foi, vous que l'honnêteté Accompagnent sans cesse.

Vous qu'on voit fréquenté Par tant de gens de probité !

Vous qui réglez si bien les mœm-s de la jeunesse !

Les Plaisirs. 253

C'est bien le prendre, en vérité ; Ou doit vous pardonner cette délicatesse.

LE JEU

Si je vous pousse un peu, vous l'avez mérité. Pourquoi vous emporter sur une bagatelle ? Je vous l'ai déjà dit, chatouilleuse beauté : Séparons-nous avant qu'avoir querelle.

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