‹ Œuvres posthumesChapitre 53 sur 89 · LA FRANCE · texte numérisé non relu

LA FRANCE

A LA MAURITANIE-TINGITAN'E

sur la demande faite de madame la princesse de Conti pour le roi de Maroc '.

ue me demandez-vcus, superbe Tingitane?

. , . . Osez-vous y penser?

'^ ' La fille de Louis jusqu'au rang de sultane Peut-elle s'abaisser?

Si votre ambition m'enlevoit ma princesse.

Mes peuples révoltés Armeroient plus de bras que n'en arma la Grèce

Pour de moindres beautés.

Notre Europe, en héros, en monarques féconde.

Suffit à son désir.

Et pour y faire un roi le plus heureux du monde.

Elle n'a qu'à choisir. L'Afrique de tout temps fut pour les belles reines

Un terrata dangereux; Je frémis d'y penser : les histoires sont pleines

De leur sort malheuieux.

Chaque jour on entend retentir le théâtre

Des pleurs de leur maison.

On y voit Sophonisbe, on y voit Cléopàtre

Périr par le poison.

Eûcor des temps passés oublieroit-on la rage,

Si votre nation

I. Knley-Ismaîl ayant demandé en mariage la princesse de Conti 11700), cela donna lieu a one foule de pamphlets.

ayo Pièces Diverses.

N'avoit point fait glisser jusqu'à son voisinage

Cette contagion.

Belle âme qui m'entends du liaut de TEmpirée,

Sans un trait si méchant Tu régnerois encor et serois adorée

Des peuples du coucliant !

Mores empoisonneurs dont le sang infidèle

Dut être exterminé.

Ah! pourquoi Ferdinand et la fière Isahelle

Vous ont-ils pardonné?

Mais quand je ne craiudrois d'aucun revers tragique

Le déplorable sort; Quand la foi de l'Arabe avec la foi punique

N'auroit aucim rapport.

Comment pourrois-je voir sous vos lois conjugales

Un objet si charmant A disputer un cœur contre deux cents rivales

Occupé bassement?

Quoi donc! cette beauté qui faisoit les délices

D'un empire galant, Vivroit assujettie aux barbares caprices

D'un eunuque insolent?

Ce génie adoré des savants et des braves.

Cette source de leux, N'auroit pour entretien qu'un vil troupeau d'esclaves,

Autant esclave queux!

Non, non, je ne veux point de couronne usurpée

Toujours prête à périr, Et si j'y prétendois, Louis porte une épée

Qui la peut conquérir.

Son aïeul pour la foi souffrit avec constance

Des travaux infinis.

Ce n'est point par les nœuds d'uae indigne aUùûce

Qu'il attaqua Tunis.

Pièces Diverses. 27

Aussi grand, aussi saint, le roi qui tient sa place

Aspire au même honneur.

Tremblez, présomptueux , il l'égale en andac»

Et le passe en bonheur.

De vos anciens guerriers qu'on vante avec justesse..

Suscitez les grands noms.

Faites-nous voir Syphax, Jugurtha, Massinesse,

Nous vous écouterons , Surtout si vous cherchez à vous rendre facile

Un projet trop hardi.

Commencez par soumettre au joug de l'Évangile

Le démon du midi.

Renouvelez ces temps dont le pieux usage

Fut làchemeut proscrit, Où la savante Hippone et l'austère Carthaga

Annonçoient Jésus-Christ.

Rétablissez chez vous ce culte vénérable

Qu'Arius avilit, Et que par une erreur encor plus détestable

Mahomet abolit.

11 se pourra qu'alors sur l'ardeur qui vous presse.

Jetant des yeux plus doux.

De l'aveu de Louis, notre chère princesse

Prenne pitié de vous.

Peut-être consentant qu'une illustre fortune

Vous comble de bonheur.

Pour reine elle pourra vous accorder qiielqu'une

De ses filles d'honneur.

Pièces Diverses.

Page 1