‹ Œuvres posthumesChapitre 71 sur 89 · PLAISANTERIE DU CARDINAL LE CAMUS · texte numérisé non relu

PLAISANTERIE DU CARDINAL LE CAMUS

endant que le cardinal Le Camus n'étoit qu'aumônier du roi , il n'étoit pas si grave qu'U a été depuis, et se mettoit sur le pied de faire rire S. M. quand il en trouvoit l'occasion. Un jour qu'il tenoit le chapeau du roi, ainsi que les aumôniers de quartier ont coutume de le faire pendant la messe , certain courtisan hypocrite vint se placer auprès de lui, faisant beaucoup de grimaces de dévot et tenant les mains jointes et élevées. Alors l'abbé Le Camus, remettant promptement le chapeau

3i8 Bons Mots.

du roi à un de ses camarades, se mit à fouiller dans ses poches avec précipitation. Le roi, s'apercevant de cette action , lui demanda ce qu'il avoit et si le bouton de ses chausses étoit rompu. — Ah! Sire, répondit-il, c'est bien pis que tout cela. Je regarde si on ne m'a point volé ma bourse ou ma montre. — Et sur quoi craignez- vous cela ? lui dit le roi. — Eh ! ne voyez vous pas, Sire, reprit l'abbé, cet homme qui prie si bien derrière moi!

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