‹ Œuvres posthumesChapitre 73 sur 89 · HUMANITÉ DE M. DE TURENNE · texte numérisé non relu

HUMANITÉ DE M. DE TURENNE

^^ ne des grandes qualités du vicomte de Turenne étoit l'humanité. Aussi les soldats i'appeloient-ils leur père, et il les traitoit comme i>iK> des enfants. Cependant, comme il faut de la discipline, surtout avec le François, plus porté au désordre qu'aucune autre nation, il fit certain jour des défenses sévères aux soldats d'aller en maraude. Il arriva qu'un fantassin, contre les défenses, s'écarta pour butiner et retint chargé d'un mouton qu'il avoit pris. Comme il rejoignoit le camp par un chemin où M. de Turenne alloit passer, ses camarades l'avertirent . qu'il étoit perdu s'il ne se cachoit. Le malheureux , tout tremblant, jeta son mouton dans le fossé, et, s'étant jeté dessus, demeura là blotti pendant une heure. A la fin, s'eimuyant d'y être et croyant le péril passé, il leva la tét€ pour demander si M. de Turenne avoit fait che-

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min. Ce fut justement dans le temps qu'il passa, et ce fut à lui-même qu'il s'adressa. Ce général; comprenant bien ce que c'étoit : — Non, lui dit-il en souriant, il n'est pas encore passé; mais il le sera bientôt.

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