PARIS J SOCIÉTÉ DV MERGVRE DE FRANGE
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HARVARD COLLEGE LISRARY
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JUSTIFICATION DU TIRAGB
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A peine terminé le lent, l'effroyable martyre de Charles Baudelaire, pieusement Théodore de Banville et Charles Asselineau entreprenaient de recueillir dans une « édition définitive » les œuvres de leur ami. Tous deux chérissaient tendrement rhomme et admiraient sincèrement le poète : les discours prononcés sur la tombe du cimetière Montparnasse, leurs biographies enthousiastes le prouvent d'abondance. Donc ils firent de leur mieux. Mais les circonstances adverses, — le stupide jugement de 1867, dont la tardive révolte de l'opinion n'avait pas encore effacé la flétrissure; la nécessité où ils se crurent, pour réussir plus sûrement dans leur œuvre de réhabilitation^ d'agir avec prudence et sans heurter de front la morale bourgeoise; peutêtre aussi certaine timidité où le cœur eut plus de part que l'esprit, et par laquelle leurs scrupules se flattèrent de mieux honorer un auteur si sévère à lui-même, si épris de perfection, les amenèrent à écarter de leur recueil les six pièces condamnées des Fleurs du Mal, comme tout manuscrit inachevé, — les Journaux intimes avaient bien été écrits,
cependant, pour être pubhés I — comme maintes pages dont la rédaction ne les satisfaisait pas entièrement. Si bien que« réditîon définitive )),mêmeà n'en contrôler les matières qu'avec la bibliographie La Fîzelière et Decaux, parue dès 1868, s'avère fort încoîiiplète.
On sait quels efforts fructueux ont été faits depuis pour en combler les lacunes. Pour ne citer que les plus importants, le recueil anonyme édité chez René Pincebourde, en 1872, par Charles Cousin, Pou lei -Malassis, Charles Asselineau lui-même, et le vicomte de Spœlberch de Lovenjoul dont les lettres françaises ont eu tout récemment à déplorer la perle; les articles de M. Octave Uzanne dans le Liure ( ï88i-i884); l'ouvrage capital deM. Eugène Crépet, Charles Baudelaire, Œuvres Posthumes el Correspondances inédites précédées d'une Etude biographique, plus récemment les recherches de MM, Edouard Champion, Féli Gautier et Jacques Crépet ont amené au jour des essais de théâtre, les Journaux Intimes, des fragments importants de ce Livre sur la Belgique que Baudelaire médita pendant ses dernières années, des notes inédites sur Choderlos de Laclos, sur Villemain, etc., etc. Et nous n'énumérons pas tant de reliquiœ moindres, précienses cependant, que l'heure de gloire tira des poussières de l'oubli et des cartons.
Cependanttoutesces pièces demeuraient jusqu'au-